Vous n’avez pas le monopole de la Dignité !

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Vous n’avez pas le monopole de la Dignité !


Femme, féministe et « racisée » selon ce tout nouveau champ lexical que je récuse par ailleurs, j’ai été sidérée par la tribune d’Océane Rose-Marie qui déclare tranquillement qu’elle pourrait participer sans états d’âme à une manifestation aux côtés de personnes qui ne soutiennent pas le mariage pour tous, tant que le mot d’ordre serait «JUSTICE POUR TOUS». J’imagine qu’elle faisait référence à l’une des premières signataires de la Marche pour la dignité, Ismahane Chouder, membre de « Participation et Spiritualité Musulmanes » qui a appelé à la Manif pour tous.

Le caractère schizophrène de cette même et unique phrase est très révélateur. Car lorsqu’on est contre le mariage pour tous, on est par définition CONTRE LA JUSTICE POUR TOUS. On porte une haine rétrograde de ce qui est différent au sein d’une manifestation qui prétend dénoncer l’intolérance et le refus de la différence.

Plus gravement, cette tribune fait un procès en racisme à toutes celles et ceux qui ont refusé de participer à la Marche pour la Dignité, que je ne peux admettre en tant que militante pour l’égalité. Le racisme et le sexisme, j’en suis persuadée, ont une même racine et des mécanismes de domination très analogues, c’est bien pour cela que je les combats de la même manière. J’ai refusé pour ma part de me retrouver dans une manifestation qui oppose les victimes de différentes formes de racisme et de discrimination. Je ne trouve pas anodin que l’appel fustige « l’islamophobie, la négrophobie, la rromophobie galopantes », et non l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie. Pour ne rien vous cacher, je n’en suis pas étonnée lorsque je vois parmi les signataires Tariq Ramadan, qui se plaint des piscines mixtes, Médine et sa quenelle Dieudonniste, ou Houria Bouteldja du Parti des indigènes de la République et sa drôle de vision de la laïcité selon laquelle «nous ne connaissions pas ce type de distinction entre le profane et le sacré, la sphère publique et la sphère privée, la foi et la raison.»

Souffrez-le !

Surtout, je ne veux pas ignorer l’insistance que mets Océane à affirmer que notre lutte anti-patriarcale relève de l’infantilisation des femmes qui feraient le choix libre et non faussé d’assumer les codes des dogmes religieux. « Osez me dire en face que ce ne sont pas des femmes autonomes, qu’elles ne pensent pas par elles-mêmes ou qu’elles sont manipulées par je ne sais quel courant extrémiste qui n’existe que dans des fantasmes propres aux délires racistes. » s’écrie l’auteure. Mais alors, à quoi servent les organisations militantes ? Ne sommes-nous pas depuis toujours mobilisées pour dénoncer les divers mécanismes d’aliénations dans nos sociétés de ses individus, en premier lieu les femmes ? Je le déplore, mais oui, beaucoup de femmes ont intériorisé le rapport de domination patriarcal. Au Maroc, mon pays d’origine, elles sont majoritaires à admettre que la loi les spolie de la moitié de leur héritage, du fait des textes religieux. Dans tant de pays, au nom d’injonctions religieuses ou conservatrices, le droit à disposer de leurs corps est restreint voire nié. En France, il y a moins d’un siècle, elles ne votaient pas, ne travaillaient pas sans l’autorisation d’un mari. Combien s’en émouvaient ? Il aura fallut combien de mouvements, d’actions, de réunions non-mixtes, d’interminables débats pour mettre des mots sur notre condition, analyser de fond en comble et lutter efficacement contre les diverses stratégies du système patriarcal, des plus brutales au plus pernicieuses ?

Moi-même, j’ai été élevée dans l’idée implicite de mon infériorité, dans la culpabilité d’un corps qu’il fallait cacher, dont il fallait contrôler les modes d’apparition publique. Il a fallut du temps, beaucoup de temps, à ma prise de conscience. Je ne suis pourtant pas stupide, mais comme n’importe quel être social, j’étais sous l’emprise d’une matrice, instrumentalisée par l’un des systèmes les plus structurés et les plus hégémoniques qui soient. Je n’admets pas que l’on me taxe de raciste du fait que je refuse une nouvelle instrumentalisation du féminisme au nom d’un libre arbitre prétendument absolu, si baroque que seules les femmes s’imposeraient l’idée de cacher leurs corps.

Replaçons les choses dans leur contexte : Le voile n’a originellement rien de religieux ! C’est un usage patriarcal datant de la Mésopotamie, dont le rôle social est de signifier l’illégitimité des femmes à traverser l’espace public qui est l’espace de la politique, de la Cité, des hommes. En France ou en Italie, la plupart de celles qui portaient la voilette dans les années 50 ne la portent plus aujourd’hui. Ne sommes-nous pas heureuses de sortir de ces carcans puritains ? L’émancipation des femmes n’est-elle pas une aspiration universelle ? À ce compte, moi qui suis également militante anticapitaliste, je devrais m’abstenir de contredire les travailleurs qui affirment leur choix de travailler le dimanche, la nuit ou de partir à la retraite à 70 ans, de peur de les infantiliser ou d’insulter leur capacité à faire des choix autonomes ? NON ! En tant que militante, je défend un modèle de société, j’ai un minimum de conscience systémique et j’assume vouloir les convaincre qu’ils sont exploités au nom d’idéologies réactionnaires. Il en est de même pour ma condamnation intellectuelle du port du voile et de bien d’autres obsessions masculines.

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Le cliché suivant a été pris en 1972, à Kaboul – Afghanistan.

À celles et ceux qui pensent que les femmes sont assez étranges pour s’inventer ces drôles d’usages dont le corps est, comme par hasard, toujours l’otage (voile, burqa, mutilations, pieds de lotus), je répond que toutes ces inventions ont émergé dans des assemblées non-mixtes masculines, au hasard de réunions de dignitaires dont nous étions exclues. Le voile n’est pas une histoire de femmes, c’est une histoire d’hommes ! C’est le reflet du problème fondamental qu’ont historiquement les hommes avec la sexualité féminine, si bien qu’ils ont fait de nos cheveux « le reflet du pubis ». C’est à eux à consulter des psychologues pour soigner leurs névroses, non à nous de nous y adapter !

Enfin, l’autrice se plaint qu’aucune association féministe « mainstream » aie défilé avec elle. Mais dans quel piège veut-elle nous attirer à notre corps défendant, nous autres féministes qui déconstruisons une à une nos entraves, pour nous faire manifester à marche forcée ? Notons d’abord que des collectifs issus des milieux populaires comme « Le collectif des femmes sans voiles d’Aubervilliers » ou « Africa la Courneuve » n’y ont pas été non plus. Sont-elles opposées au principe de la Dignité ? Bien au contraire. Ni SOS racisme, ni la LDH, ni la Maison des Potes, ni la LICRA n’y ont appelé. Le Parti de Gauche a précisé qu’il y allait avec son propre appel, du fait de ces dissensions que notre amie Océane aurait tort de mépriser. Car oui, la façon dont on traite la lutte antiraciste fait débat avec le risque évident d’une logique communautariste, identitaire, non-universaliste, et qui finira par réinstaurer un délit de blasphème avec des termes comme « islamophobie » que je réfute, puisqu’il s’agit étymologiquement non pas d’une peur irrationnelle des musulmans, mais d’une peur irrationnelle de l’islam. Or ma critique de l’Islam repose bien sur une approche rationnelle. Pourquoi rejeter ce débat en faisant les gros yeux à tout le monde et en les traitant de racistes ?

Ressaisissons-nous ! La lutte pour l’émancipation des femmes, la révolution sexuelle, la reconnaissance de toutes les formes de sexualités, ce n’est pas de l’histoire ancienne. L’offensive politique des religions est plus que jamais mobilisée contre nos corps et pour reprendre leur contrôle. Les cafés masculins, les intimidations dans l’espace public, les prières publiques de toutes obédiences sont encore une réalité, et elle s’aggrave. Nous avons brûlé les soutiens, nous brûlerons un jour nos voiles, car autour de nous, le torchon brûle encore !

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Pour protester contre les sévères restrictions qui règnent en république islamique d’Iran, des femmes ont décidé de s’afficher sur les réseaux sociaux sans leur voile pourtant obligatoire dans l’espace publique.
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16 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Ha ha, monter les femmes les unes contre les autres pour mieux asseoir la domination du patriarcat, c’est la stratégie des associations qui brandissent la dignité et la liberté pour invisibiliser les oppressions. Elles ont du succés, le patriarcat a encore de beaux jours devant lui. Combien de générations de femmes se soumettront-elles encore sous l’illusion de la liberté?
    Keep fighting, sister…

  2. barbaras emmanuelle dit :

    COUCO FATIMA,  ça va bien?un petit bonjour du sud où je m’adapte petit à petit, mais le militantisme me manque. Je vais me rapprocher des féministes d’Avignon. Mais je suis toujours  votre super boulot, chères Effrontées et j’en suis toujours une. Mais impossible de faire un groupe  ici, trop petit, je vais voir avec les filles d’Avignon.Bref, je voulais te féliciter pour ton article ci-dessous, 100% d’accord. je le fais suivre.biz du soleil à toi et à toutes, tous,Emmanuelle

  3. Alain Korkos dit :

    Je n’aurai qu’un mot : Bravo !

  4. Elizabeth Coquart dit :

    Ne vous lassez pas surtout, de répéter, encore et encore, ce que vous exprimez avec tant de justesse. Par moment on est fatigué, mais cela vaut la peine ! Merci.

  5. Foxtrot dit :

    Bravo ! Je suis bien d’accord : on peut rester cohérente avec sa lutte contre des systèmes sans pour autant s’en prendre aux individus qui y participent.

    Deux tendances semblent de plus en plus se dégager à l’intérieur du féminisme actuel (de ce que j’en perçois depuis ma petite lunette) et elles semblent parfois difficilement conciliables :
    – la première, représentée par des personnes un peu plus âgées et un peu plus ancrée institutionnellement, s’axe essentiellement sur la lutte pour l’égalité entre les individus, en combattant des systèmes d’oppressions majoritairement non-conscientisés.
    – la deuxième, composée de davantage de femmes jeunes, de femmes de couleurs, et venant d’horizons culturels plus divers, s’axe essentiellement sur la liberté individuelle de faire ses proches choix, et d’être reconnu.e.s comme aptes à les faire.
    Ce sont deux beaux combats, et ils gagnent à s’enrichir l’un de l’autre. Mais je me demande comment cela sera possible si les représentant.e.s de la deuxième mouvance continuent à systématiquement traiter les premières de « racistes », « colonialistes », de « puritaines » (sérieux, se définir comme féministe « pro-sexe » qu’est ce que ça veut dire ? que toutes les autres sont « anti-sexe » ? Oo )
    Il s’agit au fond ici de positionnements philosophiques (qui ont des conséquences directes sur la vie des individus, et on comprend bien à quel point cela peut toucher les sensibilités profondes de chacun) mais franchement, c’est pas comme si les femmes manquaient d’opposants : il est temps d’arrêter de s’insulter et de commencer à essayer de comprendre pourquoi quelqu’un qui a les mêmes buts de protection et de libération que toi envisage d’y arriver par d’autres moyens.
    Let’s talk, sisters !

  6. Hector dit :

    Degré 0 de la réflexion. Je vous laisse juste une petite bibliographie, peut être pourrez-vous former un peu ?

    Michel Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique
    Michel Foucault, Il faut défendre la société
    Pierre Bourdieu, La domination masculine
    Pierre Bourdieu, Esquisse d’une théorie de la pratique
    Nancy Fraser, Qu’est ce que la justice sociale ? Reconnaissance et redistribution
    Etienne Balibar & Immanuel Wallerstein, Race, Nation, Classe
    Aimé Césaire, Nègre je suis, Nègre je resterai
    Deleuze&Guattari, L’anti-Œdipe.

    Bonnes lectures, ou bonne future carrière au PS.

    1. Lynus dit :

      Une seul femme dans votre bibliographie. Encore une fois c’est les hommes qui décident.

  7. anonyme dit :

    «Nous avons brûlé les soutiens, nous brûlerons un jour nos voiles»

    Manque un mot 😉

    Très bon et juste sinon.

  8. nanachester dit :

    Bonjour,
    Je ne commenterai pas votre article mais une seule phrase pour une raison précise.

    « Le caractère schizophrène de cette même et unique phrase… » au deuxième paragraphe.
    Le mot « schizophrène », bien que désignant les personnes vivant avec la schizophrénie, est passé dans le langage courant pour qualifier l’ambivalence. C’est un mot souvent utilisé par les politiques et les médias dans le but de choquer, d’interpeller, et c’est également l’usage qui en est fait ici.
    La psychophobie est la discrimination que subissent les malades mentaux. Inutile de vous expliquer par A+B en quoi l’utilisation de ce mot, donc des malades, en les sortant de leur contexte (car cela entretient l’idée fausse que la schizophrénie c’est avoir une double personnalité) est porteuse de préjugés et discriminatoire.

    Mon commentaire allait s’arrêter là mais on m’a signalé cette autre phrase « C’est à eux à consulter un psychologue pour soigner leurs névroses ».

    N’avez-vous pas pensé, en écrivant ça, que des personnes consultant un·e psy pourraient se sentir lésées ?
    Que celles en ayant besoin en seraient dissuadées ? Car c’est malheureusement ce qui arrive dans une société où les difficultés / la maladie sont qualifiées de faiblesse honteuse.
    Les femmes souffrant de « névroses » à cause du patriarcat devraient en plus se voir reprocher cet état… ? Les personnes en souffrance psychique font plus partie d’une partie de la population défavorisé. Elles n’ont pas besoin de ça en plus…

    Je vous demande donc, afin de ne pas relayer des idées psychophobes mettant à mal les malades et personnes en difficulté psychique, de supprimer ces deux phrases. Merci.

  9. Sarah Bouarfa dit :

    La zizanie entre femmes elle a plutôt lieu dans le « corps » de ce billet. « mais à quoi servent les association militantes » – c’est un argument qui contredit l’autonomie possible des filles voilées ?
    La différence entre le féminisme historique émancipatoire, c’est qu’il était émancipateur : il pouvait dire aux femmes qui s’offusquaient de l’avortement qu’elles s’abusaient sur cette l’ivg dès lors que l’ivg était interdit à tout le monde. Le légaliser ne signifiait en rien son obligation systématique ; elles voulaient des droits, celui-là entre autres. Vous voulez en enlevez. Exactement, assumez qu’elles se trompent dans leur choix et dans leur conviction : ce que j’ai lu, (une thèse soutenue par un Egyptien en 1913 à la Sorbonne) dit que le voile initialement distinguait les femmes du prophète des autres femmes pour qu’elles ne soient pas convoitées lorsqu’elles apparaissent dans l’espace publique. Puis par extension a distingué les femmes libres des femmes esclaves dans ce même espace. Un autre sens que celui que vous montrez ; assumez alors peut-être un autre sens encore, que le voile dans les mains qui le portent à ses cheveux puissent signifier autre chose que celui que les hommes imposent. Et assumez qu’elles sont connes de faire ce choix-là, et n’oubliez pas de le leur dire. Vous serez juste. « Pour tous ».

  10. zozefine dit :

    bravo (je pense à une phrase d’un comique américain athée (ô merveille), qui parle des « droits », et remarque : « on n’a pas de droits, on a des privilèges temporaires ». ben oui. aucun des « droits » que les femmes ont acquis au cours de 10aines d’années de lutte n’est un droit inaliénable : juste un privilège temporaire, privilèges temporaires qui vont se chercher avec les dents s’il le faut, et sur lesquels nous devons veiller comme des lionnes veillent leur portée (;-)). rien ne nous est acquis, rien. il me semble évident, pour toutes les féministes, que le premier racisme consiste à reléguer la moitié de l’humanité aux fourneaux avec un rideau sur la tronche et enceinte jusqu’aux yeux) et merci.
    NB : il me semble que la photo de kaboul avant les talibans est un montage.

  11. C’est un texte qui dit les choses très justes et évidentes (qui pourtant pour la « société », comme elle est toujours pilonnée dans l’ordre patriarcal, ne le sont pas), mais qui – comme presque toutes les voix qui se lèvent pour finir avec l’ordre obsolète – ne va pas suffisamment loin.

    Depuis que la guerre des guys pour l’institution autant discréditée que « le mariage » était commencée, je n’en reviens pas de la stupéfaction des « combattants » par le manque de ce que je nommerais la lucidité historique. L’institution de « mariage » était de ses débuts crée par l’ordre patriarcal ; elle le maintient et le confirme : comme elle confirme certaine façon de penser et de créer l’ordre sociétal qui – depuis les siècles – n’a pas beaucoup changé.

    Donc, on y avait : la distribution et l’imposition des « rôles » des personnes sur la base de leur sexe, l’établissement d’une règle que la soi-disante « vocation » à la reproduction devrait être considérée chez les individus comme obligatoire (quand on dit de la « vocation », le mot « obligatoire » est pourtant au moins étonnant), et surtout – le contrôle des individus par le pouvoir politique et religieux, la dite reproduction compris ainsi que les comportements imposés des personnes (distribution des « droits » au « travail pour les maîtres au pouvoir » et au « travail pour le ‘maître’ à la maison », droits dits « sociaux », etc).

    À part d’être tout ça, depuis les débuts de l’existence des « tribus » et ensuite des « pays », l’institution de « mariage » a été également le levier – et même une arme – légalisant toutes les violences contre les personnes du sexe féminin, et en présentant ces violences comme normales (elles-mêmes étant les composants de l’ordre patriarcal).
    Il s’agit des violences incluant leurs les pires sortes : comme la vente-marchandisation des femmes par leurs familles/pères ou les viols des filles, ces viols étant bellement légalisés par les bandes des « vieux aux lois ».
    Marquage des femmes mariées – donc « déjà vendues et acquises » par quelqu’un dans certaines cultures (« sindurs », foulards… je ne vais pas rappeler où encore et dans lesquelles circonstances les « pouvoirs » employaient « le marquage ») – était, et est, une autre expression de ce que le « mariage » est véritablement.

    Dans le cas des personnes qui se battent donc pour :
    – la liberté,
    – l’égalité,
    – et la dignité pour chacun,
    je suis étonnée qu’au moment historique de leur révolte, elles ont eu l’idée de combattre pour le maintien – et pour rejoindre – d’une institution dont l’existence n’est qu’un triste et atroce témoignage de l’abaissement des femmes et de leur object-ation par la société et les pouvoirs patriarcaux.

    Ce qui existe déjà » n’est pas une seule chose possible : et vu que « ce qui existe » a été crée par ce contre quoi on se révolte, il faudrait peut-être enfin penser de se révolter pas seulement contre « un ordre » mais être conséquent et de lutter contre ses composants qui – par la force des siècles – les « pouvoirs » ont arrivé à faire considérer comme « inchangeables ».
    Sinon, on ne se bat que contre les mots et les définitions, en véhiculant par ses actions et en maintenant en réel ce contre quoi on dit de combattre.

    Ceux qui pensent donc : « inchangeable » – et qui combattent malgré ça pour que la société toujours et toujours patriarcale ne puisse pas nier de leur droit à aimer celui ou celle qu’ils aiment sans que le sexe des personnes ou quelconque autre raison (qui, en réel, n’est que la « raison de contrôler les peuples ») y crée l’impossible, devraient peut-être plutôt regarder dans l’histoire – et le présent honteux – et sortir d’une bulle de la limitation par « ce qui déjà existe, considéré comme un seul possible ».
    En se révoltant sur un plan – il faut regarder et aller plus loin que « avoir l’envie de s’enrôler dans l’ordre établi au lieu de se battre pour créer un autre.

    En concluant ces paragraphes, dont l’écriture a été déclanchée par le début de cet article, mais également par la « bataille » de ceux qui – en voulant dépasser l’existant – n’ont pas trouvé de l’autre façon de se battre que celle de le faire pour rejoindre un ordre qui fait honte,
    je dois constater que vu l’histoire et donc la genèse de l’institution crée par le patriarcat et dont on parle, chacun qui se battrait pour « le mariage » – et pas importe si ce soit « pour les hétérosexuels exclusivement » ou pour « tous » – doit être considéré un antiféministe, sous réserve qu’il ne soit un simple inconscient.

    ***

    Malgré l’absence du lien apparent à première vue, cette « bataille » de « ceux qui veulent les mêmes droits » et sans se demander qu’est ce que « ce pour quoi il se battent » signifie, correspond sans doute avec le « jeu » que la religion a gagné dans la plupart dans la conscience sociétale : c’est à dire, avec le fait que malgré qu’en théorie « chacun connaît l’histoire », en pratique peu des personnes se rendent compte quotidiennement de ce jusqu’au quel point « la religion » était (signifiait, égalait, était LE MÊME que, « = ») « le pouvoir politique ».
    Certains mots de ce texte d’ailleurs le reflètent (« Le voile n’a originellement rien de religieux ! C’est un usage patriarcal datant de la Mésopotamie »… etc.)
    Il faut dire fort et clairement : ce qui ÉTAIT religieux – ÉTAIT, ET EST : PATRIARCAL – il n’y a pas de « sacré » de la religion, le « sacré » sous lequel il faudrait se soumettre, en étant une femme ou un homme, n’importe – car tout cela est une expression pure de la culture ancienne, de la culture patriarcale… !

    ***

    …Ce sont seulement les deux « points », par contre très importants, que je veux mettre en évidence dans ce commentaire. À part de ça, Fatima-Ezzahra Benomar, il y a aussi mes expressions de l’appréciation car le texte révèle clairement les mécanismes de la manipulation sur les cerveaux féminins (et masculins) – au cours des époques et maintenant – notamment concernant ce qui est considéré pour « le choix libre » – pas libre – ou les comportements imposés. Ce même mécanisme étant valide éternellement dans tous les domaines de la vie des humains : si ce soit la lutte féministe ou chaque autre lutte des personnes réclamant leurs droits fondamentaux, les démarches mortifères des industries et des publicitaires capitalistes, ou toute la réalité dans laquelle… on fait les humains croire qu’ils « sont libres » puisqu’ils ont « la liberté » à se limiter de « choisir » seulement ce qu’on leur fait croire « le seul possible et le seul existant ».

  12. chr dit :

    Merci. Votre texte est tellement juste et intelligent. Ca fait du bien de voir qu’il y a des militants de gauche qui ne cèdent pas à la facilité – contrairement à ORM (mais est-elle seulement une militante de gauche ?) qui ne semble découvrir les réalités sociales qu’avec une extrême paresse intellectuelle et se contente du prisme des quelques-un.es qui l’ont approchée et lui synthétisent le réel.

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