L’AUSTÉRITÉ TUE !

Ce week-end, j’ai eu le privilège d’écrire deux articles pour le journal L’Humanité du lundi 18 février. Le premier traite en général des politiques d’austérité, l’autre dresse un court portrait de la situation des intermittentEs du spectacles et des sans papiers en France. Pourquoi ces deux catégories là ? Parce qu’il fallait réaliser un témoignage/portrait, c’est-à-dire raconter sa propre situation, tout en dénonçant une situation sociale structurelle dont je ne suis évidemment pas la seule victime.

Court, c’est le mot… Je dirai même que c’est le bât qui blesse ! Dénoncer les politiques d’austérité, la restructuration de l’hôpital public et le monstrueux Accord National Interprofessionnel que viennent de pondre à deux mains le gouvernement et le MEDEF ? Le challenge est aussi difficile que douloureux. Raison pour laquelle j’ai décidé de me rabattre sur ma belle et généreuse tribune à moi, mon cher blog, toujours prêt à m’accueillir avec ma horde de nombre de signes, ceux-là même qui saignent encore des coups de hache que leur a assené la contrainte de 1800 signes à l’Huma !

Je dis ça avec humour et remercie beaucoup ce journal de m’avoir donné tribune. Vous trouverez donc, au sein de ce papier, la version éditée que liront les milliers d’acheteuses et d’acheteurs de l’Huma, et la version longue à laquelle mon blog offre l’hospitalité.

La version éditée

L’AUSTERITE TUE !

Tandis que le défilé des dépêches AFP glisse sur l’écran, trois événements tragiques frappent mon attention. Les victimes ? Un bébé à l’aube de son existence, un chômeur quadragénaire en fin de droits, et une femme âgée de 93 ans.

Vendredi 1er février. Une mère s’est rendue deux fois à la maternité parisienne de Cochin-Port-Royal sans pouvoir être reçue, faute de places. La troisième fois, on lui apprend que son enfant est mort in-utero. Quelques jours plus tard, à Saint-Bonnet-de-Mure, une nonagénaire hébergée dans un établissement pour personnes dépendantes est retrouvée morte dans le parc de la résidence, après avoir échappé à la vigilance du personnel. Deux cas similaires ont été signalés dans l’Aude et en Lozère. Enfin, il y a cinq jours, un chômeur s’est immolé à Nantes devant un Pôle Emploi. Un geste reproduit par trois autres personnes en difficulté, en Seine-Saint-Denis, en Côte d’or et en Savoie.

Une même colère pour les mêmes dysfonctionnements !

Quel est le point commun entre une mère mal prise en charge par une maternité, un homme qui désespère de compter sur le service public de l’emploi, et un personnel qui n’arrive pas à surveiller correctement des pensionnaires en fin de vie ? Plusieurs communiqués syndicaux semblent avoir la réponse : « L’austérité » qui entraine la fermeture de nombreux hôpitaux de proximité, et un chômage de masse partout en Europe ! Le gouvernement a beau s’insurger contre les déserts médicaux, l’austérité n’en va pas moins bon train : en France, d’après l’IGAS, on est passé de 1369 à 554 maternités entre 1975 et 2008. Beaucoup d’autres ont fermé depuis.

Le père de l’enfant décédé a sévèrement mis en cause un service de maternité « débordé », alors que 19 lits vides étaient fermés depuis plusieurs mois. « Quelle signification peut avoir la création de 19 lits d’hospitalisation, qu’on garde ensuite fermés pour raison d’économie alors qu’on refuse des urgences par manque de lits ? » déclare la CGT Cochin qui dénonce les sous-effectifs chroniques. Des mesures d’économie incompatibles avec une mission de santé publique !

Du côté de la pensionnaire de 93 ans, syndicats et famille accusent les mêmes dysfonctionnements. D’après Eléonore Derridj de la CGT, le gendre de la victime compte porter plainte contre le manque de moyens de l’établissement, tandis que l’USAP-CGT pointe du doigt « l’insuffisance des effectifs ». Bien des sons de cloches qui résonnent en chœur !

« Un ANI qui nous veut du mal ! »

Chaque mois, environ 90 000 chômeurs arrivent en fin de droits et sont plongés dans l’angoisse des lendemains précaires. Dans ce contexte, le tout nouvel Accord National Interprofessionnel (l’ANI) constitue une attaque en règle contre le droit du travail. Il permet notamment aux employeurs de modifier les contrats de travail pour baisser les salaires ou augmenter le temps de travail, aggravant ainsi la condition des plus précaires, en particulier celle des femmes.

Face à cette austérité offensive, la résistance commence à s’organiser ! Le collectif « Stop ANI » composé de plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives, organise mardi une conférence presse pour publier un Appel !

intermittente et sans papier

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Philippe bouts dit :

    Un grand merci pour cet article, il me donne l’impression de ne pas être le seul à souffrir de cette austérité inutile !

  2. boubker benomar dit :

     tu veux dire 18 février et pas 28 l’article sur l’austérité est assez pro et devrait ouvrir une brèche dans la machine infernale (Cocteau)

    >________________________________

  3. Suzanne BIGONSKI dit :

    Merci Fatima, j’ai toujours plaisir te lire. J’ai mis ton texte sur FB

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