La vie en rose, un pédalo dans la choucroute !

Il parait que le Socialisme est au pouvoir ! Il loge à Élysée, a repeint l’Assemblée Nationale et trône majoritairement au Sénat.

Si on fait le bilan des premiers mois, on ne peut ignorer quelques initiatives faites en faveur des droits des femmes : Le premier gouvernement Ayrault est paritaire, à défaut d’octroyer aux femmes une part importante de cabinets ministériels ; le SMIC a (très) légèrement augmenté ; un projet de loi contre le harcèlement sexuel, bien que jugé insatisfaisant par l’AVFT (Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail), vient combler l’abominable vide juridique qu’a laissé l’abrogation de l’ancien texte ; et notre ministre aux droits des femmes Najet Belkacem ne laisse de communiquer sur les inégalités salariales ou l’abolition du système prostitueur.

Y aurait-il, avec tout cela, de quoi maugréer un petit ? Oh que OUI !!

Toutes ces mesuresen particulier la fameuse mini-hausse du SMIC – ne sont qu’une goutte d’eau comparées à la profonde misère dont souffrent les femmes qui constituent plus de la moitié des chômeurs, le gros du bataillon des travailleur-se-s pauvres et qui sont deux fois plus souvent au SMIC que les hommes !

Pour ce qui est de la réforme des retraites qui a été l’occasion d’une belle et forte mobilisation sociale (et civique) en 2010, on ne peut que déplorer la timidité de la proposition socialiste ! L’extension du droit à la retraite à 60 ans aux seules personnes ayant commencé à travailler à 18 ans, et la prise en compte pour le calcul des annuités de seulement deux semestres pour les chômeurs et les mères de famille de plus de trois enfants, sont insuffisantes pour conjurer la discrimination sexiste que provoque les réformes libérales dont la Retraite à 60 ans a subi les assauts.

A côté de ces demi-mesures qui veulent évidemment amadouer à la fois le peuple et rassurer les marchés financiers, le second accapare les choux et le premier reste chèvre !

A la question : 
« Peut-on espérer de la majorité (absolue) du gouvernement socialiste de faire reculer le chômage, de s’attaquer aux racines de la pauvreté, de créer les 500 000 places en crèches réclamées par les associations féministes ou de développer les services publics sans bousculer son ambition de réduire le déficit budgétaire à 3% en 2013 ? », La réponse est “NON” !

Il est IMPOSSIBLE de garantir une réforme des retraites égalitaire, un service public de la petite enfance performant, une “loi contre les violences faites aux femmes” efficiente et la réouverture des centres d’IVG, tout ou serrant ses petits doigts sous la baguette autoritaire du MES (Mécanisme Européen de Stabilité) !

Il faut que le gouvernement s’affranchisse
des chaînes de la rigueur pour assurer une vraie politique de relance, à moins de préparer annuellement l’Etat à saupoudrer ses cils des larmes de crocodiles à chaque « 8 mars » (journée internationale des droits des femmes) pour déplorer le sort des victimes de la précarité, des inégalités et des crimes sexistes.

Il n’y a pas de cohabitation possible entre progrès et rigueur car toute Règle d’or touchant à l’équilibre budgétaire est incompatible avec nos revendications fondamentales :
  • Développement des services publics qui nous protègent,
  • Interdire le temps partiel imposé si chéri et favorisé par les politiques libérales,
  • Obtenir le SMIC à 1700 euros nets,
  • Rembourser complètement les IVG et la contraception,
  • Développer une réelle politique d’abolition de la prostitution et de réinsertion des personnes prostituées.

Ce développement et ces analyses féministes anti-rigueur sont ardemment défendues par l’association les efFRONTé-e-s qui est évidemment très alarmée par l’imminente arrivée du nouveau traité budgétaire (TSCG) qui veut imposer la rigueur budgétaire et rendre beaucoup plus difficile notre tâche de sauvegarder les services publics, l’hôpital public, ses centres d’IVG et ses maternités, la retraite à 60 ans, les places en crèches, la lutte pour une hausse du SMIC… bref toutes les structures et les politiques qui protègent les droits des femmes !

♥ BRAVO nous ! ♥, ces dernières années, les femmes sont monté au front des luttes sociales, même quand ces luttes ont été longues, harassantes et précarisantes : à l’hôpital Tenon pour exiger la réouverture du centre IVG ; à Sodimédical pour réclamer leurs salaires ; chez Lejaby ou aux Trois Suisses pour protester contre leurs licenciements ; et bien entendu tout au long du Mouvement des retraites de 2010 en y organisant un point fixe féministe unitaire. Tout ça pour dire…

On continue

ON LÂCHE RIEN !!  

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Voilà c’est dit et bien dit et on pourrait ajouter l’écologie qui pour l’instant n’est pas vraiment la priorité du gouvernement.

  2. Gilles Péris dit :

    La priorité du gouv, on dirait que c’est la guerre en Syrie et la signature du traité Merkhollande, deux actions évidemment de nature à aider les plus défavorisés !

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