EGALITE PROFESSIONNELLE : ce que nous en dit 2009

Je vais vous soumettre aujourd’hui une petite fiche sur les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes, dont les chiffres sont tirés de travaux publiés en 2009 par le Ministère du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Mais la crise étant entretemps passé par là, je vous engage à lire ensuite, pour réactualiser certaines informations, ma note appelée « Femmes au bord de la crise financière » qui en rapporte les effets sur les inégalités entre les femmes et les hommes. C’est pourquoi j’ai pris soin de conjuguer les verbes à l’imparfait, la situation des femmes s’étant corsée depuis deux ans sur certains points.

Inégalités femmes/hommes « chiffres cles » – 2009

D’après ces chiffres publiés en 2009 : près d’un actif sur deux est une femme. Les femmes sont pleinement intégrées au marché du travail, et leur taux d’activité a peu à peu, au fil des années, rattrapé celui des hommes. Ainsi, en 2008, les femmes représentaient 47,6% de la population active, ce qui n’est guère étonnant puisque 83,7% des femmes entre 25 et 49 ans exerçaient une activité professionnelle, bien que le taux d’activité des hommes demeure légèrement supérieur, et ce, dans toutes les tranches d’âge : 95,1% parmi les 25-49 ans par exemple. Au total, 65,5% des femmes âgées de 15 à 64 ans exercent une activité professionnelle, contre 74,6% des hommes.

Pourtant, de grandes disparités professionnelles existent toujours entre femmes et hommes :

Types d’emploi :

Les femmes occupent généralement des emplois moins qualifiés et sont moins nombreuses que les hommes à avoir un statut d’indépendant ou de chef d’entreprise. Ainsi, 92,7% des femmes étaient salariées en 2009, contre 86,6% des hommes. 7,3% des femmes actives étaient indépendantes ou chef d’entreprise, et cette proportion chiffrée en 2009 avait même légèrement diminué depuis 2006. Près d’une active sur deux était une employée, ou plus exactement 47,4%, contre seulement 13% des hommes. Cette catégorie socioprofessionnelle est très fortement féminisée puisque 76,4% des employés étaient des femmes.

Si les ouvriers sont plus généralement des hommes, à savoir 34,8% des hommes actifs contre 8,9% des femmes actives en 2009, il n’en demeure pas moins que les femmes sont surreprésentées parmi les catégories socioprofessionnelles modestes, vu que 56,3% des femmes étaient employées ou ouvrières contre 47,9% des hommes.

Aussi, les femmes sont moins représentées parmi les cadres et les professions intellectuelles supérieures, puisque 13,4% des femmes occupaient cette catégorie contre 18,7% des hommes. Cela est vrai aussi pour les artisans, commerçants et chefs d’entreprises (3,8% contre 8,3%) et les agriculteurs exploitants (1,1% contre 2,4%).

Précarité

Parmi les femmes salariées, 12% occupaient des CDD, contrats à durée déterminée, contre 7% des hommes salariés. Notons aussi qu’elles accédaient légèrement moins au CDI, le contrat à durée indéterminée, que les hommes (86% contre 88%). En outre, elles constituaient la grande majorité des travailleurs à temps partiel (82,0%) et ne représentaient que 40,2% des travailleurs à temps complet.

En 2008, plus d’une femme sur quatre travaillait à temps partiel (29,4% contre 5,8% des hommes). Surtout, ce travail partiel n’est pas toujours un choix : 7,7% des femmes étaient en situation de sous-emploi, c’est-à-dire qu’elles cherchaient à travailler davantage d’heures que celles proposées par leur poste à temps partiel, et ce taux montait à 11,0% parmi les employées et à 10,4% parmi les ouvrières.

Secteurs féminisés

La concentration des femmes est manifeste dans certains métiers des services, comme les aides à domicile, les aides ménagères ou les assistantes maternelles, et aussi de l’éducation et de l’action sanitaire et sociale. L’emploi féminin reste très circoncit à certains secteurs d’activité, puisqu’une femme sur deux, plus exactement 51,7 % d’entre elles, occupait un emploi concentré dans douze des 86 familles professionnelles.

Les métiers réellement mixtes sont rares. Seuls huit métiers sur 86 peuvent être considérés comme « paritaires », c’est-à-dire employant une proportion environ équivalente de femmes et d’hommes. Moins d’un actif sur dix travaille dans ces métiers.

surreprésentées dans le secteur public

Les femmes représentaient 59,1 % des effectifs des trois fonctions publiques, contre 42 % des effectifs de salariés du secteur privé. Globalement, elles sont encore une fois plus nombreuses aux échelons les plus bas, puisque 59,0% des agents de catégorie C étaient des femmes, 57,3% des agents de catégorie B et 56,3% des agents de catégorie A.

Cependant, ces chiffres cachent de véritables disparités. Ainsi, dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière, les femmes sont plus représentées dans les catégories B et moins dans les catégories A. C’est l’inverse dans la fonction publique de l’État.

Chômage

Les femmes sont davantage touchées par le chômage et représentaient 50,9% des chômeurs en 2008, alors qu’elles ne représentent que 47,6% de la population active. Le taux de chômage des femmes (7,9%) est donc significativement supérieur à celui des hommes (6,9%).

Selon une étude de l’INSEE datant de 2009 (Méron M., Omalek L. et Ulrich V. « Métiers et parcours professionnels des hommes et des femmes », France, portrait social, Insee références, 2009), quels que soient le diplôme obtenu et l’ancienneté, le risque est toujours plus grand pour les femmes de se retrouver hors de l’emploi, sauf pour celles qui ont le plus d’ancienneté et un diplôme égal ou supérieur au bac.

Inégalités salariales

Tous temps de travail confondus, les salaires des femmes sont inférieurs de 27% à ceux des hommes. Si l’on considère uniquement les travailleurs à temps complet, le salaire net annuel moyen d’une femme était, en 2007, dans le secteur privé ou semi-public, inférieur de 19,1% à celui d’un homme.

Dans la fonction publique, les écarts de salaires se révèlent moins importants mais demeurent, puisqu’en 2007, les femmes ont perçu en moyenne un salaire net annuel moyen inférieur de 13,3 % à celui des hommes. Dans la fonction publique territoriale, en 2007, cet écart était de 11,3 %. Enfin, c’est dans le secteur hospitalier public que l’écart était le plus important avec un salaire inférieur en moyenne de 21,6 % à celui des hommes.

Les écarts de salaires augmentent avec les responsabilités. Quel que soit le secteur d’activité, c’est parmi les cadres que les inégalités de salaires se révèlent les plus flagrantes. Dans le secteur privé ou semi-public, les femmes cadres gagnaient 23,6% de moins que les hommes, et cette différence est encore une fois plus réduite dans le secteur public quoiqu’elle restait très nette : 20,2% de moins dans le secteur public hospitalier, 18,4% de moins dans la fonction publique d’état et 17,1% de moins dans la fonction publique territoriale.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. benomar dit :

    et si tous ces articles étaient regroupés et proposés à un éditeur

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