HOMMAGE : Danielle n’est pas une « femme de »

L’histoire de France aime admirer les femmes de l’ombre. Celles qui avaient quelques doigts dans les gants des grands hommes. Anne de Pisseleu, Diane de Poitiers, Fosseuse, Gabrielle d’Estrées, Henriette de Balzac d’Entragues. Notre mémoire les courtise tout en encombrant l’autel des épouses légitimes d’hommages à leur constance. Zemmour leur avait rendu un jour hommage en arguant qu’en servant leurs maris, qu’en leur épargnant des remontrances, elles servaient aussi la France. « Derrière chaque grand homme, il y a une femme ! » disent-ils en pensant une proférer une parole féministe.

Je dirai plus tard quelques mots sur Danielle, mais j’aimerai profiter de cette tribune pour justifier son titre. Je l’ai choisi car je suis encore toute irritée par un débat avec un monsieur qui m’a chanté les louanges de ce couple où chacun avait sa place, monsieur Mitterrand, le patriarche qui aurait conduit les affaires du pays et celles de son cœur en maître, et Danielle, l’épouse indulgente. Or il ne me semblait pas du tout que Danielle aie été cette femme soumise qu’il a décrite. Ce n’est pas pour re-citer Zemmour, mais je me souviens aussi des commentaires qu’il avait fait sur la princesse Diana qui aurait été le portrait non-exemplaire de la femme moderne, une hystérique qui ne tolère pas les infidélités indispensables du mari tout en prenant un égyptien pour amant, car elle aurait, selon ce psy de comptoir, besoin d’être dominée. Il avait dit toutes ces bêtises sur le plateau de Ruquier, sorte de postface à son livre « Le premier sexe » où il explique que tout homme était incapable de faire l’amour à une femme qu’il aime, attendu qu’il avait besoin de mépriser celle avec qui il a un rapport sexuel.

Madame Mitterrand était quelqu’un qui avait pour nom de famille celui de son époux. Je ne vais pas non plus l’appeler Danielle Gouze, nom d’un père. Elle a sa part d’histoire de France. La résistance ! En étant agente de liaison à l’âge de 17 ans pendant que ses parents abritaient des maquisards. Elle rencontrera François et l’aidera à fuir vers la Bourgogne avant de l’épouser et de faire campagne à ses côtés en s’occupant de la commission pour la répartition des subventions aux orphelins quand il sera ministre des Anciens Combattants. En 1981, François devient président, Danielle rétorquera « Je ne suis pas une potiche ! »

Photo de Stéphane Burlot

Séduite par l’engagement dans le tiers-monde, elle soutiendra Fidel Castro, les guérilleros salvadoriens, les zapatistes mexicains, les indépendantistes Sahraouis, les Kurdes, les peuples indiens d’Amérique latine, tout en négociant la libération de nombreux prisonniers politiques grâce à son indépendance vis-à-vis d’un mari qu’elle avait mis quelque fois en difficulté diplomatique. En 1986, elle créera la Fondation France-Libertés et soutiendra le NON lors du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005.

Son dernier combat fut l’accès à l’eau potable. Je vous renvoie donc pour finir cette courte note au blog de Gabriel Amard qui s’occupe de ces questions en tant qu’élu et pour le Parti de Gauche et qui lui a rendu hommage.

Je n’ai eu le plaisir d’échanger deux mots avec elle qu’une fois, à la fête de l’Huma de 2010. Je dois ce privilège à Jean-Luc Mélenchon qui a eu la gentillesse de m’appeler près d’elle comme je la dévorais des yeux de loin. Voici quelques mots qu’il lui a adressé :

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21 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Dominique Lemiere dit :

    Ça commence bien mal ce texte … « Ah que » faut pas avoir peur de l’ombre de Johnny pour se jeter comme ça. Mais passons. Après vient l’habituelle leçon de morale et de conservatisme, « ex cathedra » dans un style ampoulé qui pour vouloir en dire trop et afficher la science revendiquée (?) par le scripteur, son désir de se mettre en avant, perd in fine de vue l’objectif du papier et son fil rouge. Ce qui caractérise Danielle Mitterrand (ainsi se présentait-elle elle-même et je ne vois pas l’intérêt de tes tortillements de « gênée aux entournures » pour l’appeler par son nom) – ce qui la caractérise disais-je est une constante fidélité à elle-même et aux idées qu’elle jugeait bonnes et louables. Elle avait le sens bien rare de ce qu’on se doit à soi-même, et aussi aux autres. Elle a fait preuve d’une cohérence sans défaut dans ce voyage, cette aventure qu’est une vie humaine. Elle mérite donc un peu plus de sincérité (dans ton texte) et d’attention à la syntaxe du français (reprends Grévisse)

    1. Alors d’une part, on ne dit pas « faut pas » mais « il ne faut pas ».
      Ensuite « ce qui la caractérise disais-je est une (…) », dans un français écrit, on met des virgules avant et après « disais-je » car c’est une aparté.
      Ensuite si tu veux nous souler avec la syntaxe, il me semble que ce billet a été écrit en vitesse. Si tu veux avoir une vraie critique, porte toi sur le fond et non pas uniquement sur la forme.
      Tu sais pourquoi? Parce-que tu fais juste pitié à troller méchamment. Je suis certain que tu n’aura convaincu personne.

  2. Dominique Lemiere dit :

     » En 1981, François devient président, Danielle rétorque « Je ne suis pas une potiche ! »

    Si tu peux m’expliquer ce que ça veut dire ..

    1. Alors… voyons voir la définition de « Potiche »:
      Potiche: nom féminin
      (de pot)
      1. Grand vase de porcelaine d’Extrême-Orient.
      2. fig. Personne reléguée à une place honorifique, sans rôle actif.
      ex: Jouer les potiches

      Donc une personne aussi brillante que toi, aurait dû comprendre que c’est le sens figuré qui est employé. (Oui car, au cas où tu ne le saurais pas, dans un dictionnaire « fig » veut dire figuré).
      Par conséquent, lorsque Danielle disait « Je ne suis pas une potiche », cela veut tout simplement dire qu’elle ne jouera pas un rôle de second plan.
      Ah! Il faut vraiment tout leur expliquer à ces mômes!

  3. Dominique Lemiere dit :

    « Eh bien, le saviez-vous ? Madame Mitterrand est quelqu’un. »

    Ridicule. Ou naïf, au choix.

    1. Ou ironique… mais ça tu ne comprends pas.
      Cette phrase se réfère au titre!

  4. Dominique Lemiere dit :

    Mais Madame Mitterrand, Danielle, je ne veux pas dire Danielle Gouze pour ne pas non plus l’agrafer au nom d’un père, Danielle est quelqu’un, avec son chemin, ce qu’elle avait dans la tête, dans le cœur, et toutes les luttes qu’elle a mené en puisant dans cette tête et dans ce cœur les sucs qu’il faut

    Effrayant. Syntaxe fausse, répétition à proximité (tête, pas joli en plus)

    « Les sucs qu’il faut »

    « Qu’il faut », pour qui, pour quoi ? C’est clair comme du jus de chaussette.

  5. Dominique Lemiere dit :

    Mais enfin, ça finit bien sûr sur TOI, « qui lui a dit deux mots ». Eh bien de cela, le lecteur se fout comme de l’an Quarante (avant notre ère)

    1. Alors je t’explique le principe d’un blog:
      C’est un site personnel, dans lequel on choisie les sujets et le contenu de ces sujets. Si cela ne te plaît pas, tu n’es pas obligée de passer par ici.
      Ensuite, elle ne revient pas sur « ELLE », mais elle fait part de sa petite anecdote avec modestie! Fatima n’est pas prétentieuse…. contrairement à toi qui n’arrête pas de l’ouvrir pour expirer de l’air en essayant de produire des sons sans cohérence! (Attention ceci est une image, à ne pas prendre au pied de la lettre car je sais que tu es derrière ton clavier, mais comme il faut tout t’expliquer…)

  6. Dominique Lemiere dit :

    Comme je suis super gentille, je te signale même qu’on ne dit pas Ah ! Que … mais plutôt Ah (ici une ponctuation, c’est important la ponctuation, ça fait partie de la langue) donc Ah ! Comme la France etc.
    C’est bcp plus stylé et élégant

    1. Et toi tu brilles par ton élégance avec toutes tes interventions inutiles.

  7. Dominique Lemiere dit :

    Et encore : Ah, comme la France aime à s’extasier etc.

    Le « à » est passé à la trappe et la phrase relève du langage parlé, pas de l’écrit.

    1. Oui car dans un blog, on peut se permettre le langage parlé. Un blog c’est personnel et plus détendu qu’un livre littéraire.

  8. Dominique Lemiere dit :

    Elle sera agente de liaison à l’âge de 17 ans

    Agente : brrr

    Mais passons. Par contre la phrase indique qu’elle est « agente » à l’âge de 17 ans, et induit un contresens : ne le serait-elle plus après ses 17 ans ?
    Donc il faut écrire : Elle sera agente de liaison dès l’âge de 17 ans, ce qui induit qu’elle l’est encore après avoir dépassé cet âge.

    La phrase est molle : tu devrais écrire : Dès 17 ans, elle est agent de liaison pour la Résistance etc. L’info la plus percutante (17 ans) doit être au début de la phrase.

  9. Dominique Lemiere dit :

    Bon j’arrête j’en ai assez et toi aussi je pense

    1. Ouais, assez ouais. (doublement du « ouais » d’une part qui est du langage parlé – désolé hein (là encore du langage parlé) – et d’autre part, pour insister sur l’affirmative – pour que tu comprennes bien.)

      Aller salut!

  10. simonulrich dit :

    Moi je trouve l’article intéressant. Intéressant, car le sujet est beau. Danielle quelle humaine ! Ce qui était intéressant avec Danielle, ce que je trouve et trouvais beau dans son combat, c’est qu’elle se refusait aux combats d’apparence, elle disait merde à l’étiquette, seul le fond comptait.
    Et je trouve, Dominique, vous qui dites être en admiration devant cette femme, vous ne lui faites pas honneur.
    Vous ne vous portez que sur la forme. Vous tentez d’instituer le poison de la division dans le combat du progressisme, combat où le féminisme et même les désaccords sont le terreau du monde de demain, du monde que Danielle tentait de construire et que nous allons construire, au nom de sa mémoire, quel que soit le nom qu’on lui donne.

    Donc Fatima, merci de parler de Danielle. Plus on parlera de ce monde plus juste et des ses hérauts, plus vite nous l’atteindrons. Même si, pour y aller, je crois qu’on devra continuer à porter le fardeau de nos diviseurs.

  11. Alain GUILLO dit :

    Merci Fatima pour ce bel hommage (femmage?)
    Dominique, je ne comprends absolument pas où tu veux en venir, tes messages me semblent n’être postés que dans le but de poster quelque chose… Ce que je trouve le plus drôle c’est cette invitation à consulter le Grévisse… ne serais-tu pas un(e) prof aigri(e) car à la retraite et sans élève à humilier?
    Bah! (avec le point d’exclamation) cela dit il en faut des comme toi sans doute!

  12. Marion Laporte dit :

    Fatima, Merci pour cet hommage et tes propos concernant Danielle M. … Mais en regardant les commentaires, quelle ne fut pas ma surprise devant les propos de Madame Dominique Lemiere. Pourquoi cet acharnement, pourquoi cette rage exprimée à travers une suite de commentaires moralisateurs? Fatima, que lui as-tu donc fait pour qu’elle t’agresse ainsi, de cette façon, avec cette aigreur?
    Plus sérieusement, permettez-moi, Madame Lemiere, de vous adresser ces quelques mots. Ceci est un blog, un site où l’auteur exprime ses sentiments, ses opinions, ses idées.
    Ici, Fatima a voulu écrire un article retraçant sa vision personnelle de Danielle Mitterrand. Nous faire part de son expérience, son ressenti et sa rencontre que vous qualifiez vulgairement d’inintéressante pour le lecteur. Mais depuis quelques jours, ce sont des centaines, des milliers de témoignages personnels qui affluent, chacun écrit avec le coeur et les souvenirs. Rendre hommage c’est se remémorer une personne, et partager des souvenirs pour la rendre vivante dans nos coeurs et nos esprits.
    Vos commentaires ici, sont d’un déplacé et d’un manque de respect décevant que ce soit à Danielle M. ou à Fatima. Prendre plaisir à rabaisser et à condamner son entourage n’est pas une preuve de grandeur, sachez le.
    Si ce blog, ne vous plait pas, beaucoup d’autres vous sont ouverts. Laissez nous, à travers les écrits de Fatima qui ne viennent pas de la grande littérature mais du coeur, rendre un dernier hommage comme il se doit à Danielle M., femme de résistance et femme de coeur.

  13. Et j’ajouterai que cette Dominique Lemiere ne connait pas le talent de Fatima pour l’écriture et la poésie car elle n’en fait pas l’étalage sur son blog.

  14. Sans appartenir à un homme au sens de possession, néanmoins une femme peut décider d’accompagner le même homme toute sa vie, ce qui n’est pas rien.

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