PATRIARCAT : C’est quoi ça d’abord ?

Patriarcat par-ci, patriarcat par-là, nulle personne de bonne volonté féministe ne rechignerait à rejoindre le front de ses pourfendeuses. Mais encore faut-il dire deux mots sur ce qu’est exactement que ce vieux monstre sanguinaire. Date-il de longtemps ? Sont-ce les auteurs des religions monothéistes qui l’ont imaginé ? Est-il toujours vivant, bien portant ou en agonie ? Quelque chose justifie-t-elle son succès ? Combien de ses tentacules remuent-elles encore ? Qui a eu l’idée de créer ce modèle social en premier, et pourquoi ? Bref, pour remédier au problème: FOR-MU-LONS-LE. Je vais ici me baser sur les travaux et analyses de Françoise Héritier, Anthropologue et ethnologue française.

Partons des deux groupes concernés par ce concept, les femmes les hommes. Il y a, on l’aura toutes remarqué, une différence biologique entre les femmes et les hommes, et l’idée est de savoir pourquoi, à partir de cette différence biologique, a-t-on construit deux groupes sociaux hiérarchisés, les hommes dominant les femmes, et comment s’est construite la domination masculine,  le patriarcat.

Le discours machiste justifie souvent la réalité de la domination masculine en la transposant sur le plan d’une essence: les petits garçons seraient naturellement conquérants, audacieux, entreprenants, et les petites filles naturellement humbles, timides et renfrognées. Il y a même en psychologie une expérience qui consiste à montrer à deux groupes de personnes différents le même court-métrage montrant un bébé qui pleure, et selon le sexe imputé à l’enfant (on dit au premier groupe que c’est une petite fille et au second que c’est un petit garçon), les spectatrices et spectateurs disent de la petite fille présumée qu’elle a peur, et du petit garçon présumé qu’il est en colère.

La première remarque à faire à propos du patriarcat est qu’il s’agit d’un universel. Il n’y a pas de société au monde, soit historique soit ethnologique et actuelle, qui ait été une société de pouvoir féminin, et il n’y a même pas eu de société d’égalité entre les sexes. Il y a certaines sociétés où l’on voit des femmes âgées, c’est-à-dire ménopausées, ayant perdu toute possibilité d‘accéder à la reproduction, avoir un statut quasi masculin, mais cela concerne seulement certaines femmes. Je peux citer comme exemple ma grand-mère qui, devenue veuve, fut révérée et considérée comme une sage et un peu cheftaine de la grande famille. Mais des sociétés de pouvoir féminin, il n’y en a pas. Pourquoi ?

Aux aubes de l’humanité, au paléolithique inférieur, c’est-à-dire il y a plus de 500 000 ans, et peut-être même à des humanités antérieures du Neandertal, il a fallut que cet être humain qui se met à penser, à parler, à être debout, à agir, à agir sur les choses, se mette également à donner du sens à son existence à partir de ce que ses sens observent, puisqu’il n’a que cela pour discerner le monde, cela et bien évidemment un cerveau particulièrement sophistiqué qui est le même que celui qu’on a maintenant, bien qu’il se soit développé depuis, mais qui fonctionnait déjà avec des usages cognitifs qui sont toujours les nôtres aujourd’hui. Pour comprendre le monde, l’humain doit répondre à des questions d’une simplicité enfantine dont une qui le taraude particulièrement: pourquoi y a-t-il deux sexes dans la nature, chez l’être humain et aussi apparemment dans le monde animal.

Mais surtout, la grosse et l’incroyable question qu’il se pose est de savoir pourquoi des deux sexes, un seul a la capacité de se reproduire « à l’identique », de faire des filles donc, mais aussi de générer un sexe différent de sa propre forme corporelle ? Comment les femmes arrivent-elles à trouver dans leur composition de quoi fabriquer des bébés portant le pénis qu’ils ont eux-même entre les jambes, et pourquoi lui, l’homme, ne peut RIEN faire ? En clair, le malheureux cherche à répondre à une question qui peut sembler drôle, mais qui est vraiment cruciale et que beaucoup de mythes se posent: Si les femmes ont la capacité de faire des enfants des deux sexes, « à quoi servent les hommes » ?!

Mais comme il remarque également un autre point essentiel et constant – c’est qu’il faut des rapports sexuels pour qu’il y ait grossesse, la réponse fatale qu’ont donné toutes ces micro-sociétés et qui s’est retransmise génération après génération, c’est que si les femmes font les enfants des deux sexes, ce n’est pas qu’elles aient un petit moteur magique qui leur permet d’accomplir le prodige, mais que ce sont les hommes qui avec leur fameux phallus mettent les enfants dans les femmes. Thèse à proprement dit phallocrate qui débrouille aux yeux de ces sociétés humaines primitives le mystère de la procréation, que nous retrouvons plus tard avec quelques variantes avec le discours et la pensée d’Aristote, et que relaieront les religions qui n’ont pas inventé la chose mais y ont imprimé la trace du péché.

Conclusion épouvantable de cette façon de démêler le fonctionnement, et donc les fonctions des deux sexes dans la société ! Les femmes ne seront désormais considérées que comme un réceptacle de la matière, une sorte de marmite qui ne sert qu’à cuire l’enfant que l’homme a mis en elles. S’ensuivent deux conséquences énormes à la fois sur le plan social et sur le plan cognitif:

Sur le plan social, les femmes sont tout bonnement devenues une ressource. Pour que ces messieurs puissent avoir des fils, il fallait qu’ils aient dans leur patrimoine une femme histoire de planter dedans et de faire pousser leurs semblables. Il faut donc se les approprier et fonder la société sur la base d’échanges de femmes que les hommes font entre eux et qu’ils se répartissent comme une capacité féconde : un homme donnera sa sœur à un autre homme qui lui donnera sa sœur en échange, et les enfants appartiendront ainsi au père, même si on peut citer l’exemple de quelques sociétés de filiation matrilinéaire où les enfants appartiennent à l’oncle maternel.

Il n’empêche que dans toutes ces sociétés, qu’elles soient patriarcales ou matrilinéaires, les enfants sont considéré-e-s comme étant les produits des hommes, placé-e-s par leurs soins dans les corps des femmes, et pour que le système roule il est préférable d’assigner les malheureuses à résidence afin qu’elles restent cantonnées à leur seule et unique tâche. Pour cela, la société patriarcale va avoir recours à quatre grands moyens qui, tous les quatre, sont monstrueusement efficaces.

1) Le premier est l’interdiction faite aux femmes de disposer de leurs propres corps. C’est toujours vrai dans la majeure partie du monde. Les femmes sont « données » en mariage, elles ne peuvent souvent pas voir un médecin sans l’autorisation de leurs maris, ne disposent pas du choix du nombre d’enfants qu’elles auront et de la temporalité pour les avoir, bref elles sont encore cette éternelle ressource que les hommes s’approprient pour produire d’autres hommes.

2) Le deuxième gros moyen, c’est l’impossibilité qu’elles ont d’accéder à l’enseignement et à la culture. Pour paraphraser Chrysale, le personnage de Molière dans « les femmes savantes » ou Léo ferré, on préfère avoir une femme qui fait de bons potages qu’une intellectuelle effrontée. L’homme a bien deviné que la culture, à partir du moment où l’écriture arrive, est cette lumière libératrice qui émancipe, qui donne l’esprit critique, et a surtout compris qu’il était hors de question que les femmes puissent s’imbiber le cerveau de ses rayons. Là encore, c’est toujours vrai dans la majeure partie du monde où l’école est réservée, du moins en priorité, aux petits garçons.

3) Troisièmement, il ne faut pas qu’elles aient accès au pouvoir. L’universel de cette maxime est si fort qu’il a enveloppé de son ombre les Lumières de la grande révolution de 1789 qui n’a pas daigné faire des femmes des citoyennes. Il faudra attendre 1944 pour que les femmes aient droit d’éligibilité et de vote en France, et à y regarder de plus près, relevons qu’il n’y a jamais eu de femme présidente de la République Française, et qu’il suffit de compter le piètre nombre de celles qui siègent aux différentes assemblées pour tâter le pouls de ce permanent état de fait.

4) Enfin, pour maintenir tout ce petit système en place, il faut un dernier ingrédient et pas des moindres, « le dénigrement »… ne jamais oublier le mépris et le dénigrement, condition essentielle pour maintenir les hommes dans leur complexe de supériorité et les femmes dans leur complexe d’infériorité. Je vous engage à taper une fois sur google « femmes + citations » et vous pourrez constater à quel point et avec quelle violence tant d’auteurs, d’intellectuels, d’artistes, de théologiens, de politiciens, bref tant de membres de l’élite s’est un jour essuyé les pieds sur les femmes pour bien se faire voir de ses contemporain-e-s. Ou bien parlez Féminisme à votre voisin et admirez ce sourire goguenard. Ce mépris, ce dénigrement, ce sentiment de puissance n’entend affirmer qu’une chose: les hommes doivent toujours posséder, rester virils et dominants, être les maitres du monde pour que le monde roule à l’endroit car ce serait une catastrophe et une calamité s’il venait à tomber entre les mains des femmes, sont seuls maitres des idées, maitres de la technique, maitres des corps des femmes, maitres du système de production et maitres de l’enfantement.

Je veux, pour finir ce chapitre, citer une petite histoire très ancienne qui ne cesse de se décliner en milles histoires qu’on entend sans cesse dès lors qu’on voyage, qu’on lit, qu’on observe, qu’on questionne nos contemporain-e-s. Une petite histoire que nous ne cessons de reproduire car il faut bien admettre que c’est nous qui la fabriquons encore, génération après génération, cette domination masculine. Personnellement, je crois au changement et à l’inventivité des êtres humains qui a déjà réalisée de si grandes choses comme le savent bien les progressistes, alors je le dis avec l’optimisme le plus matérialiste qui soit, ce que nous avons créé par l’esprit, nous pouvons le détruire par l’esprit !

Voilà ma petite histoire déclinée en deux petites histoires. Je commence par la première. Au Burkina Faso, on remarque que les femmes ont deux façons de se comporter quand elles ont dans le dos un bébé qui pleure. De temps en temps, on les voit prendre le petit braillard pour lui donner le sein, et puis d’autres fois elles continuent avec une glaciale indifférence ce qu’elles sont entrain de faire, parfois même l’enfant les agace et elles le refilent à une fillette qui passe par là. Sans doute aurez-vous le réflexe de mettre ces deux comportements sur le compte du travail de la mère, de son humeur du moment, de toutes sortes de raisons aléatoires, jusqu’au jour où vous vous rendrez compte que c’est aux petits garçons qu’elles donnent le sein tout-de-suite dès qu’ils pleurent, et que c’est les petites filles qu’elles font attendre. Demandez leur pourquoi, leur réponse est exemplaire. Elles vous donneront une raison biologique pour les hommes, sociologique pour les filles, narrées en ces termes:

« Les garçons ont par nature le corps rouge, c’est-à-dire qu’ils sont violents, et si on ne leur donne pas le sein dès qu’ils le réclament, les malheureux vont immédiatement piquer une grosse colère qui risque de leur être fatale et de se retourner contre eux. Donc si nous ne voulons pas qu’ils meurent en s’étouffant d’un mâle énervement, il faut les satisfaire tout-de-suite ! – Et les petites filles ? – Oh les femmes, vous savez, elles devront attendre toute leur vie. Mieux vaut leur apprendre la patience tout-de-suite afin qu’elles sachent au plus tôt qu’elles n’auront pas toujours tout ce qu’elles veulent. » Ainsi, les mamans du Burkina Faso créent systématiquement, et ce dès la naissance, deux races d’individus comme on dit en sociologie, ceux à qui on donne la satisfaction immédiate de tous leurs besoins, et celles à qui on apprend l’attente et la frustration.

Et la satisfaction immédiate de tous les besoins, il faut bien comprendre que ça ne se résume pas au sein maternel. Ce mode d’éducation provoque ensuite l’exigence des hommes à satisfaire immédiatement l’envie de puissance, mais aussi les besoins sexuels. La prostitution, l’accès libre aux femmes et à tous les corps, sans délai, sans barrière, sans résistance, est une revendication qui tient à ce sentiment de puissance, de la puissance du désir et de la pulsion qui est celle de l’enfant mâle à qui on apprend qu’il est légitime de la satisfaire immédiatement.

Cette histoire me parait exemplaire bien qu’elle soit typique d’une société particulière, mais on peut en citer beaucoup d’autres pour nous convaincre que c’est bien NOUS qui continuons à reproduire ce modèle. Ma deuxième histoire nous concerne de plus près: quand un-e enfant de nos jours, en France ou n’importe où en Europe, demande à ses parents, à son institutrice ou à son instituteur comment fait-on les enfants, on lui répond : « papa mets une petite graine dans le ventre de maman ». C’est-à-dire qu’on répète le discours d’Aristote qui prétend que les femmes ne sont que matière, que terre et que réceptacle, et que seule la graine masculine contient l’enfant. Ces simples mots ont une importance dont vous n’avez pas idée de la désastreuse portée, et c’est fondamental de bien le comprendre pour concevoir la permanence de la domination masculine, celle qui dans ses formes les plus anciennes n’a que rarement été une domination armée. Rien ne s’est fait à coup de bâtons dans la fondation de cet empire, il s’est passé de guerre conquérante et s’est constitué par l’éducation implicite qu’il donne à ses enfants. La seule guerre qu’il aie connue, que les machistes appelle la guerre des sexes et qui est plutôt un combat de libération, seront les Mouvements de Libération des Femmes.

Pour clore mon article, s’il y a une affirmation que je veux faire, c’est que je suis convaincue qu’il n’y a réellement qu’un seul grand enjeu politique aujourd’hui, c’est celui du rapport des sexes et de la façon dont il convient à une société de le régler, de l’organiser dans l’avenir, et de régler par là même beaucoup d’autres problèmes de société qui trouvent dans celui-ci son modèle originel, si on prend la peine intellectuelle d’en déconstruire les mécanismes. Cette oppression barbare, cet esclavagisme social concerne plus de la moitié de l’humanité, non « l’autre moitié de l’humanité, la deuxième moitié ».

Nous avons déjà fait d’immenses progrès, notamment grâce au droit à la contraception et à l’avortement qui ont permis aux quelques femmes qui en bénéficient de se réapproprier un corps si longtemps confisqué, de recouvrer l’estime de leur propre sexualité et de découvrir le goût de l’autonomie. Pourtant, ce terrain-là est le seul où je rencontre encore bon nombre de progressistes qui contestent nos thèses, revoient à la baisse les prétentions ou expriment des idées qui ne leur semblent pas à priori sexistes alors qu’elles le sont profondément. Un réflexe qui tient du fameux mépris, du fameux dénigrement dont on a armé les esprits pendant des siècles afin de maintenir les femmes dans leur complexe d’infériorité. Or la première grande inégalité a été d’abord construite via un système cognitif qui oppose des catégories, le haut, le bas, l’actif, le passif, le puissant, l’impuissant, le sérieux, le frivole, le logique, l’irrationnel etc. en les connotant comme masculines ou féminines, positives ou négatives, et c’est naturellement ce qui est masculin qui est positif.

Ce sont bien des idéologies que nous pouvons détruire par un travail acharné d’éducation, sur nous-mêmes, sur celles et ceux qui éduquent nos enfants et sur les personnes en responsabilité politique pour leur faire comprendre que ce problème là, cette inégalité là, ce modèle d’inégalité là est à la source de toutes les autres formes d’inégalités. Le racisme n’existerait pas s’il n’avait pas eu déjà, pour lui permettre de placer intellectuellement son mécanisme, ce modèle de procédé discriminatoire et hiérarchisant qui est le modèle de toutes les autres  formes de domination des uns sur les autres. C’est pour cela que c’est un problème politique majeur et central, et c’est pour cela qu’il est si regrettable qu’on considère encore les violences faites aux femmes, les morts féminines victimes des violences conjugales ou les viols comme de simples accidents du domestique, de la pulsion, du sexuel, du psychologique, de tout ce qu’on voudra, mais pas pour ce que c’est !

 


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19 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Echène dit :

    il y a + d’un siècle que les féministes travaillent à ça, et nul doute que leur effort a été immense – quand on voit le résultat, on est affligé-e-s ! non, la solution n’est pas dans l’éducation et dans la vigilance, il faut des réformes radicales qui modifient en profondeur la famille. Voir mon étude « Quelle alternative au patriarcat ? » (2004) : http://sisyphe.org/spip.php?article1324
    Agnès Echène, anthropologue (EHESS-Toulouse_LeMirail)

  2. minibule dit :

    Je ne suis pas d’accord avec toi Echène car des lois il y en a et il y en aura encore puisque les féministes ne lâcheront pas l’affaire.
    Mais la loi ne suffit pas. La preuve en est les violences faites aux femmes qui perdurent ou encore l’usage qui démontre chaque jour que l’inégalité perdure dans les consciences, le Mademoiselle symbolise fortement, ou l’absence de connaissance égalitaire sur les sexualités des femmes et des hommes, malgré les règles qui viennent imposer et symboliser sans détour que la norme sociale est l’égalité. Le combat pour une égalité réelle ne se fait pas que par la voie législative, elle se fait aussi par la socialisation, par le détricotement dans nos esprits de nos représentations sociales inégalitaires, par la déconstruction de nos mécanismes d’éducation à l’oppression d’un groupe.

  3. Grég dit :

    Ne faudrait-il pas désormais, comme le proposait Nicole-Claude Matthieu en 1985, d’actualiser le concept dans un contexte qui a changé et ainsi parler de  »viriarcat » ? La domination des hommes sur les femmes se trouvant dans toutes les strates de la société, et pas/plus seulement le pouvoir attribué aux pères ?
    N’est-il pas aussi utile de parler des hommes en tant que victime de leur situation ? Victime d’une absence de choix et de la violence qui les pousse et les obligent à devenir des  »mâles » car sinon ils seraient discriminés ?
    En somme ne faut-il pas décoloniser les cerveaux de cet ordre sexué qui nous fait toutes et tous souffrir ?

    Grégory.

    1. Les hommes ne sont pas victimes de cette situation, ils en sont les bénéficiaires bien conscients. Je vous invite à lire le beau livre de Léo Thiers Vidal : De « L’Ennemi principal » aux principaux ennemis. Position vécue, subjectivité et conscience masculines de domination.
      Vous trouverez sur le Blog Entre les lignes entre les mots une lecture de cet ouvrage sous le titre « Toutes les femmes sont discriminées sauf la mienne » http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/indispensable/
      très cordialement
      didier
      animateur du blog : http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/

      1. Grég dit :

        Didier, je ne suis pas d’accord avec vous. La domination masculine est une construction sociale qui se situe dans le rapport homme-femme. Une domination dont la violence s’exprime d’abord chez les hommes dans le processus de socialisation. Et si leur souffrance n’est pas aveuglante, c’est qu’elle se fait en silence, car l’homme a appris à taire son côté  »féminin ». Je suis pour une égalité homme-femme, mais soustraire la violence que subissent également les hommes, c’est se tromper de vue dans le combat du féminisme.

  4. Dominique Lemiere dit :

    C’est un article qui se veut une étude et qui n’en est pas une. Le matriarcat existe bel et bien dans certaines populations d’Asie et d’Afrique. D’autre part, la nature ayant horreur du vide et si j’ai bien compris, il serait mieux de remplacer la domination des hommes par celle des femmes ? Avec quel gain ? L’article ne le précise pas. Il y aussi une autre approximation : dans les sociétés patriarcales, il fut un temps où la relation entre l’acte sexuel et la procréation n’était pas comprise. De même, on croyait à la génération spontanée (les souris prenaient corps dans les sacs de grain i.e)
    PS : il y a des fautes de français et d’orthographe dans ton texte.

    1. fatimabenomar dit :

      1) Pouvez-vous nous citer des exemples précis de sociétés matriarcales, Dominique ? Voici la page wikipedia dédiée au mot Matriarcat, dont le premier paragraphe résume ce que je pense « à l’heure d’aujourd’hui », car je serai ravie que vous puissiez me convaincre du contraire: http://fr.wikipedia.org/wiki/Matriarcat
      2) Je ne veux absolument pas remplacer la domination masculine par la domination féminine. En bonne militante du Front de Gauche, je compte remplir le fameux vide dont vous parlez par une société laïque, républicaine, et donc égalitaire.
      3) Milles excuses pour les fautes de français et d’orthographe.

    2. Robert Tow dit :

      Ce commentaire est plein de pédantisme.
      1° Je vois pas en quoi cet article de blog, dans son style, voudrait être une étude.
      2° D’autre part, le matriarcat n’existe pas et n’a jamais existé. Comme vous pourrez le lire sur ce site http://matriarchy.info, dont c’est pourtant le sujet…. (« Every so called matriarchal society lost more or less of their typical life style under patriarchal influence; so this description will be “fictional » and somewhat theoretical. « ). Il n’existe que des « traits » matriarcaux au sein de certaines sociétés.
      3° Ensuite, concernant « l’autre » approximation (quelle a été la première ? vous avez souligné une erreur et un désaccord, pas une approximation) : je ne vois pas en quoi la non-compréhension du lien entre acte sexuel et procréation change quelque chose au sens général du texte. Même en cas de génération spontanée, les femmes créent les enfants et il faut donc les contrôler et les gérer, quoi qu’il en soit.Et lorsque l’on a compris qu’il fallait des relations sexuelles et du sperme pour procréer, et bien on a donné, symboliquement, tout le pouvoir au sperme. Et si ça s’est passé différemment dans certaines sociétés, partagez votre science !

  5. Dominique Lemiere dit :

    En premier lieu, j’accorde beaucoup d’importance aux sources, et Wiki, splendide outil collaboratif, n’est pas (et je suis loin d’être la seule à le penser), n’est pas disais-je l’Alpha et l’Omega. Le reproche qui lui est fait est une érosion, à la fois de collaborateurs et partant, de corrections. Je me permet de dire que c’est une analyse, sinon, Tow, comment l’appelez vous ? Un manifeste, mais dans ce cas on dénie au texte sa part d’objectivité. Vous m’intimez de façon comminatoire, Tow, de « partager ma science », ce qui est du domaine du faisable, mais dans le court billet que j’ai écrit je ne souhaitais pas donner un cours magistral. Je pense que sur Internet précisément, on trouve de quoi alimenter le propos que je soutiens et ce, sans se fouler la rate. Ce que vous souhaitez n’est pas un débat, mais me prendre un défaut. Mais qu’importe. Je veux bien revenir quand j’en aurais le temps pour vous donner des éléments sur le matriarcat. Je ne défends pas principe le matriarcat. Je défends l’individu au sens global et humaniste du terme, c’est à dire que je tiens pour la fin des oppressions, quelque soit leur nature et leur cible. A mon sens, il n’est qu’une partie du problème de qui s’arroge le pouvoir. Et bien que ton souhait Fatima, d’une égalité totale homme/femme, il n’existera pas parce que lorsque’une femme a du pouvoir, le résultat n’est pas probant de la marche vers l’égalité. L’égalité n’a jamais existé (allez contrôler chez Wiki si le coeur vous en dit). L’origine du patriarcat, à mon sens, n’est pas lié à une perversité masculine désireuse d’asservir les femmes, il est plus simplement lié au groupe humain dans la préhistoire, qui nous démontre que sans le groupe, son soutien et son organisation, la race humaine n’aurait pas réussi. là aussi, vous allez demander des sources, Tow, mais j’ai un bon paquet de celles-ci à vous mettre sous le nez. Et fort peu contestables. Le premier besoin du groupe a été de manger, car même si ça parait trivial, et l’homme n’est pas resté longtemps végétarien – mais il l’a été. D’où la chasse, où le pouvoir de l’homme s’est établi, car tuer un gros bestiau à plusieurs mâles était prébende pour tout le groupe. Il y a un autre aspect : le petit d’homme ou d’hominien, qui contrairement aux autres animaux (exception faite des Primates) est dépendant de sa môman pendant de longues années. Non seulement les femmes étaient disqualifiées pour la chasse par sa faiblesse physique inférieure à celle de l’homme, mais la vouait charge de son petit à la cueillette, un rôle moins valorisant que la chasse. Les rôles se sont mis en place à ce moment là. La guerre de 14 a donné aux femmes l’opportunité de monter qu’elles pouvaient, elles aussi, faire tourner un pays. Mais si de magnifique exemples ont montré que la femme pouvait faire pièce aux hommes, il n’en reste pas moins que c’est une fraction plutôt marginale qui s’est distinguée. Parce qu’il faut être juste et reconnaître que le rôle dévolu aux femmes « classiques » ne les gênait pas plus que cela, et qu’elles ont souvent accepté ce qui leur paraissait leur rôle, parce qu’il n’y avait pas que des mauvais côtés.
    Aujourd’hui, je le répète, à mes yeux le combat est juste, mais marginal. Esclave, oppressé, piétiné, qui que tu sois, homme ou femme, il faut combattre pour lui. La condition occidentale des femmes est tripette à côté des violences faites aux hommes, comme par exemple la conscription, se faire tuer à la guerre, ne pouvoir comme une femme exprimer un affreux chagrin sans qu’il y ait des ricanements, je veux dire dans le comportement de l’occidental moyen.

    Enfin, le truc qui me tues, c’est cette manie d’ajouter des i-e-s ou des é-e-s partout, ce qui n’est pas français, rend la lecture insupportable, et sous entend que si on ne place pas ces barbaries orthographiques, les gens sot incapables de comprendre qu’ils s’agit de « nous tous », et pas un genre déterminé. Mon idéal à moi est une société du « tous ensembles » sans distinction de genre ou de situation. Une fois que cet âge d’or républicain sera à l’ordre du jour, on pourra, et tout du moins je le souhaite, rectifier les dévoiements, ensemble, hommes et femmes, dans u souci de plus encore d’équité et de justice.

    1. Lola dit :

      @Dominique Lemiere

      Bon, ce billet date déjà de quelques années et les commentaires aussi mais je tiens à y répondre.

      Dominique, vous aviez déjà bien commencé et j’ai été d’accord avec vous la plupart du temps, mais il y a une phrase dans votre commentaire qui m’a révoltée (et le mot n’est pas assez grand pour décrire l’ampleur de ma révolte)

      « La condition occidentale des femmes est tripette à côté des violences faites aux hommes, comme par exemple la conscription, se faire tuer à la guerre, ne pouvoir comme une femme exprimer un affreux chagrin sans qu’il y ait des ricanements, je veux dire dans le comportement de l’occidental moyen. »

      Mais enfin Dominique, qui est l’occidental moyen?
      L’occidental moyen:
      – ça peut aller de l’homme qui siffle une femme en pensant qu’elle marche dans la rue pour faire plaisir à ses yeux et qu’il est en droit de l’importuner pour lui signaler qu’il valide son physique
      – jusqu’au bon père de famille que vous croisez à la boulangerie et qui trouve normal de cogner sa femme
      -en passant par le chef d’entreprise qui n’emploie pas de femme parce que tu comprend  » ça fait trop de chichis et puis en plus ça tombe enceinte »
      – en passant par le tres pieux religieux qui se permet de dire aux femme ce qu’elles doivent faire ou pas de leur utérus
      – et puis il y a aussi le monsieur qui pense que quand t’es habillé de telle manière tu cherche à être violée
      Je pourrais vous donner des centaines d’exemples « d’occidental moyen »

      Tout ça pour vous dire que je ne nie pas que le patriarcat desserve aux femmes ET aux hommes comme l’a dit Alexandra. Mais enfin de la à dire que « La condition occidentale des femmes est tripette à côté des violences faites aux hommes » !

      Je vous rappelle qu’en 2011, 148 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon et combien encore subissent des violences au quotidien dans leur foyer?

      Etes vous harcelé au quotidien (simplement en marchant dans la rue en prenant les transports en commun) par des gens au regard lubrique juste parce que vous etes un homme?

      Avez vous eu cette peur d’être agressé et violé par un groupe de femmes louches dans un coin sombre d’une ruelle ?

      En France, en moyenne, le salaire des femmes est 20% inférieur à celui des hommes
      Les femmes ont plus tendance que les hommes à occuper un emploi précaire

      Vous a t-on déjà discrédité en raison de votre sexe, genre « il est grincheux aujourd’hui, il doit avoir ses règles » alors que vous cherchez a exprimer une opinion

      Alors ici il ne s’agit pas de violences physiques mais c’est tout un système de dévalorisation qui est intégré dans nos habitudes, dans notre culture et qui pèse comme une violence psychologique subie par les femmes au quotidien

      Donc certes on ne leur empêche pas de pleurer, elles sont moins nombreuses a mourir parmi les soldats en guerre (dans une armée occidentale) essentiellement parce que notre culture ne cesse de leur répéter (directement ou indirectement) que l’armée c’est trop dur donc c’est pas pour les femmes, c’est pour les mecs,les vrais; certes il y a tout ça mais à coté il y a aussi des violences que vous n’avez pas voulu prendre en compte

      Dans tous les cas minimiser les souffrances des femmes dans une société patriarcale pour dire « oui mais nous les hommes on souffre plus », c’est déjà apporter de l’eau au moulin du patriarcat.

  6. Dominique Lemiere dit :

    « Et bien que ton souhait Fatima, d’une égalité totale homme/femme, il n’existera pas parce que lorsque’une femme a du pouvoir, le résultat n’est pas probant de la marche vers l’égalité »

    Mes excuses pour cette phrase bancale, mais j’écris à main levée …

    1. Dominique Lemiere dit :

      J’ai trouvé d’autres scories dans mon texte, honte sur moi ! mais il était 5 h du matin, mea culpa

  7. Eve Maillet dit :

    Chère Fatima,
    votre article m’a intéressée car je suis entièrement d’accord avec le sujet sauf que vous pourriez au moins avoir l’élégance de citer vos sources.
    Pour tous ceux et celles qui souhaiteraient avoir une analyse scientifique avec des faits, je vous recommande la lecture de Françoise Héritier : Hommes, Femmes : la construction de la différence et également La différence des sexes.
    A savoir que Françoise Héritier est anthropologue, professeure honoraire du Collège de France et a collaboré de très nombreuses années avec Claude Lévi-Strauss.

  8. Que dire sinon qu’il manque une référence à la peur des hommes de ne pas être le géniteur de leurs enfants et qui joue me semble t’il un rôle important voir primordial dans l’histoire de l’asservissement de la femme…. Mais ce n’est pas si étonnant puisque les femmes n’ont pas ce problème, il est donc presque normal que cela ne figure presque pas dans votre article. Dommage tout de même…. Pour ce qui est du reste, je me réfère volontier à Dominique Méda qui explique bien qu’une partie du travail passe par l’égalité des rôles dans la loi, par le partage des tâches et l’abandon par les deux sexes de ses supposées prérogatives…
    J’ai été amené à défendre ces idées devant une assemblée de femmes et tout allait pour le mieux jusqu’à ce qu’on évoque une égalité de rôle des parents vis à vis des enfants…. Là je me suis heurté a une levée de boucliers.
    Le travail sera long pour faire évoluer les esprits des femmes comme des hommes pour que nou nous considérions enfin comme des humains et non des mâles et des femelles empétrés dans nos stéréotypes!

  9. Eric Cossevin dit :

    J’approuve l’idée que le rapport social de sexe est fondateur des autres rapports de domination. Ce qui se dégage de cet article, et là encore j’approuve, est que ce rapport de domination s’ancre d’abord dans le quotidien. Que sa disparition passera entre autre par la loi, mais aussi et surtout par un travail d’éducation à l’école publique (je ne vois plus d’apprentissage de la couture pour tous au collège par exemple, ce que j’ai connu personnellement au début des années 80 et que j’adorais), par un travail sur soi aussi des hommes et des femmes, par la suppression de tout ce qui renforce cette domination dans la publicité notamment. En favorisant les productions culturelles qui iraient dans le sens de la disparition de ce rapport de domination (préférons favoriser ces productions qu’interdire les autres, toute forme de censure d’État m’effraye) jusque dans la pornographie (je choquerai sans doute mais les initiatives de certaines femmes en matière de pornographie féministe vont dans ce sens). Il faut bousculer toutes nos références culturelles qui posent des comportements comme naturels (les petits garçons font ça, les petites filles ça…) et les présenter comme des constructions psycho-sociales (ce qu’elles sont). C’est un travail titanesque qui prendra des années avec au bout l’espoir d’une libération commune des hommes et des femmes.

  10. Eric Cossevin dit :

    Ce qui manquera à cet article (à moins que je ne l’ai pas bien lu ?) est une réflexion articulant question de genre et patriarcat. Car le patriarcat repose au fond sur une « définition » essentialiste de l’homme et de la femme (définition non axiomatique, produite par la société).

    Combattre le patriarcat oblige aussi à interroger les genres masculin / féminin et à ce qui nous fait plutôt « homme » ou plutôt « femme ». Ce n’est pas une pure spéculation philosophique puisque les transsexuel(les), les transgenres, les intersexués et les travesti(e)s nous interrogent sur ce que c’est que « d’être un homme », « d’être une femme ». Voire même les homosexuels ou les bisexuels.

    1. Eric Cossevin dit :

      Pensons aussi à la reconnaissance du flou de cette frontière entre masculin et féminin dans des sociétés traditionnelles.

  11. Bonjour

    Il y a au moins une exception à la théorie de « la petite graine dans la maman », du moins si les journalistes ont fait correctement leur travail : il s’agit de la société Moso, où l’on considère le père comme un simple « arroseur » et l’enfant comme une création exclusive de la mère.
    Ma source est ce documentaire (vous pouvez vous contenter de l’extrait) : http://amours.pl/revue_de_presse.php#Moso Il est passionant.

    Les journalistes parlent de société matriarcale, mais si les femmes ont effectivement du pouvoir, elles ne sont pas toujours avantagées par la répartition sexuée des rôles.

  12. Alexandra Royer dit :

    Françoise Héritier a déjà abordé les principaux points de cet article, et il est juste de citer ses ouvrages.
    Plus personne ne répond à Grégory et moi je voudrais le faire.
    La lutte pour l’égalité des hommes et des femmes a pour objectif le bonheur des hommes comme des femmes. Certes la souffrance des femmes demande sans cesse des solutions urgentes, elle est plus criante… Les hommes en retirent un certain profit dans la vie professionnelle et sociale : leur parole a plus de poids, ils gravissent plus facilement les échelons, on ne les traite pas d’hystériques lorsqu’ils sont en colère ou parlent un peu fort, etc.
    Mais l’égalité des sexes, en libérant les femmes de leurs jougs multiples, libèrera aussi les hommes. Grégory a tout à fait raison en exprimant sa souffrance en tant qu’homme, et ne blâme-t-on pas ceux qui nient celle des femmes ? Les hommes ont un code très sévère que leur a dicté en retour de bâton la société patriarcale sexiste : ils doivent être des « mecs », ce qui sous-entend étouffer toute « sensiblerie », un homme qui pleure ou qui porte du rose, ce n’est pas encore accepté par tous, hommes et femmes, loin de là ; le « mec » est celui qui doit taper du poing sur la table et ne pas se laisser faire surtout par sa « gonzesse », le mec n’a que peu de choix aux rayons cosmétique ou habillement dans les boutiques ou même chez les bijoutiers, et de plus en plus vont carrément piocher chez les femmes pour avoir une crème pour peaux sèches ou une écharpe chaude ou une bague avec un diamant. Le congé paternité est dérisoire, certains hommes, désireux de prendre le nom de leur épouse, ne sont pas pris au sérieux, les hommes au foyer sont encore très mal perçus car un homme « doit rapporter de l’argent », et si un homme loge chez sa petite amie on le dit parfois « entretenu »… Les hommes sont le piège de leur propre machine, ils ne sont plus libres d’être eux-mêmes. Parler de part de masculinité chez les femmes ou de féminité chez les hommes est plus que probablement encore une invention du sexisme, de combien ne sommes-nous pas inconscients encore, hélas ? Disons à la place que l’objectif du féminisme est le bonheur, et le bonheur, c’est d’être soi-même, tout simplement, homme ou femme, de pouvoir être libre au quotidien.
    Le féminisme veut ainsi aussi le bonheur des hommes, un bonheur bien plus appréciable que l’illusion du bonheur et la paix relative que fournissent la domination de l’autre : le bonheur d’être soi, d’exprimer sa tendresse, son amour, sa peine ; le bonheur de l’amour réciproque et du désir de se montrer toujours digne de l’amour de l’autre – quel amour peut-il exister au milieu de la peur et du mépris l’un pour l’autre ? sans la domination masculine, la femme est libre et libre de partir, certes, mais à quoi bon retenir quelqu’un qui ne nous aime pas/plus ? n’est-il pas plus doux d’être aimé pour ses qualités ? – ; le bonheur de ne plus avoir peur de l’autre, homme ou femme, pour sa différence sexuelle et sa capacité à blesser et humilier ; le bonheur des conflits réglés par la discussion et la compréhension, et de la réconciliation avec l’autre et ainsi avec soi-même.
    Grégory, je rêve d’un futur, moi aussi, où les hommes pourront être assez sûrs d’eux-mêmes et assez libres aussi pour ne plus avoir besoin de dominer les femmes et être eux-mêmes. La libération de l’homme est aussi la clé de celle de la femme et d’un apaisement et mieux-être de tous.

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