En 3 jours : 3 rassemblements Contre la répression anti-syndicale !

J’ai vécu, lundi matin, un grand moment d’émotion au rassemblement des cheminots contre la répression syndicale de plus en plus violente dans notre pays. J’y ai rencontré des gens vrais, déterminés, joyeux, en colère, courageux, et la musique de ces slogans qui sortaient de leurs cœurs a aussitôt traversé le mien. Tout cela a été suivi d’un grand moment d’abattement, quand leur camarade est venu nous dire qu’il sera sûrement licencié, et que j’ai vu un nuage passer sur les fronts de tous ces braves gens, avant qu’il s’écrient de plus belle : « On ne lâchera pas ! Résistance ! »

Récapitulons les faits. La direction locale de la SNCF a traduit en conseil de discipline leur collègue Fabien Malvaud sans cacher sa volonté de le licencier au prétexte qu’il a été sur un piquet de grève un jour de congé et qu’il a manipulé une radio de manœuvre. Elle avance, au mépris de tout respect de la présomption d’innocence, qu’elle a « l’intime conviction que Fabien avait la volonté de détériorer du matériel de sécurité ».

Nous n’aurions aucun sujet d’être inquiet-es tellement le dossier est vide, si ce n’était la volonté revancharde de cette direction de punir Fabien et d’intimider celles et ceux qui oseraient défendre leurs conditions de travail en s’emparant du droit de grève. Cette stratégie répressive s’était déjà mise à l’œuvre pendant le mouvement contre la réforme des retraites, quand le DRH de l’établissement avait appelé le syndicat Sud-Rail pour lui demander qui était à l’origine d’un tract « appelant à la grève sauvage et au sabotage ». Ce qu’ils appellent tract sauvage, c’est un tract où le syndicat FO de la région Gare de l’Est avait à juste titre dénoncé les méthodes répressives de cette fameuse direction locale. À l’époque, elle en était restée là.

Aujourd’hui, elle revient à la charge et c’est Fabien qui en fait les frais ! Elle sous-entend que le syndicat Sud hébergerait des salarié-es irresponsables, capables de saboter le matériel de leur propre lieu de travail, alors que bien au contraire, Fabien avait ce jour-là manipulé la radio pour la remettre à sa place. En vérité, si la direction s’en prend à Fabien, c’est parce qu’il s’est opposé à la politique de casse de la SNCF qui englobe casse du fret, fermeture de dépôts et de triages, casse de leurs emplois (121 de Vaires, 40 agents disponibles en grille), casse enfin de leurs salaires et de leurs conditions de vie.

Si ses camarades laissent faire, elle ne s’arrêtera pas ! Derrière Fabien, c’est là que le problème devient politique et trahit les enjeux de pouvoir entre l’avidité du système d’exploitation capitaliste et la dignité de celles et ceux qui refusent d’en être victimes, se profile une menace contre tou-te-s les travailleuses et travailleurs qui veulent se défendre. La direction de la SNCF leur lance aujourd’hui un message clair : « Si vous vous battez, si vous faites grève, si vous défendez vos conditions de vie et de travail, nous n’hésiterons pas à licencier. »

Pour montrer qu’ils ne sont pas prêts à se laisser faire, ils ont été nombreux à débrayer et à faire grève pour soutenir leur collègue. Un préavis de deux jours couvrait les cheminot-es qui sont venus lui apporter leur soutien ce 21 février à gare de l’Est. L’ambiance était enthousiaste et déterminée, presque optimiste. Ils se sont rassemblé à 9h sous les fenêtres des locaux où se déroulait le conseil de discipline, et le militant qui était au mégaphone nous exhortait à faire un maximum du bruit pour mettre du baume au cœur de Fabien pendant cette épreuve. C’était une très belle scène de solidarité !

Nous avons au bout d’une heure quitté le rassemblement qui s’est transformé en manifestation le temps d’investir et de traverser la gare de l’Est. « Les patrons licencient, licenciez les patrons ! » – « À ceux qui veulent casser du salarié, nous répondons : Résistance ! »… hurlaient en chœur les manifestant-e-s ! Le canon à pétards a pu librement exploser dans le grand hall de la gare tandis que les fumigènes repeignaient l’air en rouge.

Au bout de deux heures, nous avons découvert l’issue du conseil de discipline. Les trois représentant-es de la Direction ont tou-tes demandé le licenciement de Fabien Malvaud ! Évidemment, les trois représentant-es du personnel s’y sont opposé et c’est la Directrice générale qui devra trancher dans les vingt-quatre heures. On s’attend au pire.

En revenant du conseil, Fabien Malvaud a pris la parole pour remonter le moral de ses camarades qui semblaient plus abattus que lui, pour les encourager à ne pas se laisser intimider, même si tou-tes craignent aujourd’hui que d’autres têtes suivent. Les autres intervenant-es ont dénoncé en chœur le piège d’une répression élargie qui s’attaque à l’ensemble des syndicats et des salarié-es qui luttent contre la casse patronale. Ils le savent : À travers l’exemple des militant-es et délégué-es syndicaux qui remplissent scrupuleusement la tâche de défendre leurs camarades, les directions patronales veulent mater les grèves et ne se privent pas de récompenser leurs complices, puisque le Directeur qui a accusé Fabien Malvaud a été promu en grade.

Ces attaques féroces s’inscrivent dans le cadre plus large des lois répressives sarkozystes, les mêmes qui ont fonctionné pour Tarnac, Julien, Yldune, Yvan, Bruno et pour tou-tes les manifestant-es inquiété-es à la fin du mouvement des retraites. Le pouvoir veut remporter le bras de fer jusqu’au bout. Pour finir et expliquer le titre de cette note, rappelons que nous avons eu affaire en trois jours à trois rassemblements contre la répression syndicale, lundi pour soutenir Fabien, mardi pour soutenir le délégué syndical Adama Kone qui a porté plainte contre son chef pour agression sexuelle envers une ouvrière, et mercredi pour soutenir Nordine qui a été licencié pour avoir fait grève il y a plus d’un an.

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