Archives de Catégorie: Précarité féminine

Le 30 septembre, venez devant !

Les femmes vont ouvrir la manifestation contre le TSCG, et pour cause !

Le Collectif unitaire pour une Europe Solidaire et contre le Traité d’austérité vient de prendre une décision très importante, celle de faire en sorte que le cortège des femmes en lutte défile en premier, juste derrière le carré de tête.

Cette décision ne doit rien au hasard : les femmes sont les premières victimes des politiques d’austérité que nous prépare le TSCG, le fameux Pacte budgétaire (voir ICI l’Appel des féministes), et qui sont déjà mises en œuvres dans certains pays européens sans pour autant les tirer de la crise ! Cette catégorie de la population, qui n’a eu accès au droit fondamental de la citoyenneté (le droit de vote et d’éligibilité) qu’en 1944 en France, voit continuellement ses droits exposés à de nouvelles régressions.

La menace est encore plus agressive en temps de crise, que ce soit sur le plan idéologique avec la montée de la réaction qui remet en cause le droit à l’avortement ou l’accès des femmes à l’emploi, mais aussi en rendant ces droits difficilement applicables…

Difficilement applicables ?

Si les chantres traditionnels du Patriarcat attaquent frontalement le droit à l’avortement ou l’autonomie financière des femmes, les politiques d’austérité sont un peu plus subtiles dans le discours et tout aussi dangereuses dans les faits :

Il n’y a pas de politiques favorables aux droits des femmes compatibles avec la rigueur ! Pour ne prendre que des exemples récents de mobilisations :

  • 2009 : Les féministes se sont battu pour obtenir une Loi contre les violences faites aux femmes. Hélas, non seulement la Loi a été très édulcorée par rapport à la proposition de Loi cadre initiale, mais elle est très peu opérante vu les maigres moyens qui lui sont octroyés !
  • 2010 : Une grande manifestation pour le droit à l’avortement a dénoncé la restructuration de l’hôpital public, mise en place pour faire des économies budgétaires. Plus de 180 centres d’IVG en fermé en 10 ans, ce qui rend le droit à l’avortement de moins en moins applicable !
  • 2011 : Fermeture du dernier centre d’hébergement parisien qui accueillait les femmes.

En 2010, lors du mouvement contre la réforme des retraites, les associations féministes se sont mobilisées pour rendre visible la question des droits femmes en organisant des points fixes dans toutes les manifestations. Les carrières des femmes étant marquées par les inégalités salariales, le temps partiel ou encore la difficulté à grimper dans la hiérarchie des entreprises, on se retrouve avec un écart de pension de 38% entre celles des femmes et des hommes, et l’allongement de la durée de cotisation aggrave la difficulté qu’elles ont à avoir des pensions correctes.

Mais encore ?

L’austérité, ce sont des coupes budgétaires qui concernent :

  • L’hôpital public, les maternités et les Centres d’IVG qui vont avec.
  • Les services publics dont celui de la petite enfance et de la dépendance : moins de crèches et de structures d’accueil pour les personnes âgées, ce qui incite les femmes à affronter la double journée ou le chômage forcé pour s’occuper des enfants et des personnes dépendantes.
  • La fonction publique : la majorité des fonctionnaires sont des femmes, qui sont donc moins bien payées. Les effectifs diminuent également avec le non-remplacement d’un-e fonctionnaire sur deux lors des départs en retraite.
  • La protection sociale : baisse de plusieurs prestations comme l’allocation maternité, les aides aux familles, les montants et les durées d’indemnisation du chômage.
  • Les budgets spécifiquement alloués aux droits des femmes : les ministères dédiés se retrouvent sans le sou.
  • Les salaires avec de très timides voire symboliques hausses du SMIC, à savoir qu’il y a deux fois plus de smicardes que de smicards !

Notons aussi l’expension du temps partiel si chéri des politiques libérales, dont 83% des salariés concernés en France sont des femmes !

Les femmes 1ères victimes de la crise… selon les féministes ?

Oui, mais pas seulement ! Le constat n’est plus un secret de polichinelle depuis longtemps (Lire l’interview de Christiane Marty).

La commission du parlement européen le dit en toutes lettres :

« Les inégalités entre les femmes et les hommes sont connues de longue date, mais sont exacerbées par la crise. Les femmes subissent souvent ses conséquences négatives plus rapidement, et ne profitent de la reprise qu’avec retard ».

La Confédération Syndicale Internationale renchérissait en mars 2011 :

« L’impact de la crise sur l’emploi des femmes tend à être sous-évalué et ne fait jamais la Une des journaux. Pourtant les femmes sont les premières concernées par la crise et la précarité croissante de l’emploi. »

C’est tellement rare qu’on mette en avant la question des droits des femmes…

Alors soyons très nombreu-x-ses à grossir ce 1er cortège et crier haut et fort que les femmes sont les 1ères victimes de l’austérité et seront les 1ères et les plus ardentes à la combattre !

RDV le 30 septembre à Nation dès 12h30

TOUT DEVANT ;-)

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La vie en rose, un pédalo dans la choucroute !

Il parait que le Socialisme est au pouvoir ! Il loge à Élysée, a repeint l’Assemblée Nationale et trône majoritairement au Sénat.

Si on fait le bilan des premiers mois, on ne peut ignorer quelques initiatives faites en faveur des droits des femmes : Le premier gouvernement Ayrault est paritaire, à défaut d’octroyer aux femmes une part importante de cabinets ministériels ; le SMIC a (très) légèrement augmenté ; un projet de loi contre le harcèlement sexuel, bien que jugé insatisfaisant par l’AVFT (Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail), vient combler l’abominable vide juridique qu’a laissé l’abrogation de l’ancien texte ; et notre ministre aux droits des femmes Najet Belkacem ne laisse de communiquer sur les inégalités salariales ou l’abolition du système prostitueur.

Y aurait-il, avec tout cela, de quoi maugréer un petit ? Oh que OUI !!

Toutes ces mesuresen particulier la fameuse mini-hausse du SMIC – ne sont qu’une goutte d’eau comparées à la profonde misère dont souffrent les femmes qui constituent plus de la moitié des chômeurs, le gros du bataillon des travailleur-se-s pauvres et qui sont deux fois plus souvent au SMIC que les hommes !

Pour ce qui est de la réforme des retraites qui a été l’occasion d’une belle et forte mobilisation sociale (et civique) en 2010, on ne peut que déplorer la timidité de la proposition socialiste ! L’extension du droit à la retraite à 60 ans aux seules personnes ayant commencé à travailler à 18 ans, et la prise en compte pour le calcul des annuités de seulement deux semestres pour les chômeurs et les mères de famille de plus de trois enfants, sont insuffisantes pour conjurer la discrimination sexiste que provoque les réformes libérales dont la Retraite à 60 ans a subi les assauts.

A côté de ces demi-mesures qui veulent évidemment amadouer à la fois le peuple et rassurer les marchés financiers, le second accapare les choux et le premier reste chèvre !

A la question : 
« Peut-on espérer de la majorité (absolue) du gouvernement socialiste de faire reculer le chômage, de s’attaquer aux racines de la pauvreté, de créer les 500 000 places en crèches réclamées par les associations féministes ou de développer les services publics sans bousculer son ambition de réduire le déficit budgétaire à 3% en 2013 ? », La réponse est “NON” !

Il est IMPOSSIBLE de garantir une réforme des retraites égalitaire, un service public de la petite enfance performant, une “loi contre les violences faites aux femmes” efficiente et la réouverture des centres d’IVG, tout ou serrant ses petits doigts sous la baguette autoritaire du MES (Mécanisme Européen de Stabilité) !

Il faut que le gouvernement s’affranchisse
des chaînes de la rigueur pour assurer une vraie politique de relance, à moins de préparer annuellement l’Etat à saupoudrer ses cils des larmes de crocodiles à chaque « 8 mars » (journée internationale des droits des femmes) pour déplorer le sort des victimes de la précarité, des inégalités et des crimes sexistes.

Il n’y a pas de cohabitation possible entre progrès et rigueur car toute Règle d’or touchant à l’équilibre budgétaire est incompatible avec nos revendications fondamentales :
  • Développement des services publics qui nous protègent,
  • Interdire le temps partiel imposé si chéri et favorisé par les politiques libérales,
  • Obtenir le SMIC à 1700 euros nets,
  • Rembourser complètement les IVG et la contraception,
  • Développer une réelle politique d’abolition de la prostitution et de réinsertion des personnes prostituées.

Ce développement et ces analyses féministes anti-rigueur sont ardemment défendues par l’association les efFRONTé-e-s qui est évidemment très alarmée par l’imminente arrivée du nouveau traité budgétaire (TSCG) qui veut imposer la rigueur budgétaire et rendre beaucoup plus difficile notre tâche de sauvegarder les services publics, l’hôpital public, ses centres d’IVG et ses maternités, la retraite à 60 ans, les places en crèches, la lutte pour une hausse du SMIC… bref toutes les structures et les politiques qui protègent les droits des femmes !

♥ BRAVO nous ! ♥, ces dernières années, les femmes sont monté au front des luttes sociales, même quand ces luttes ont été longues, harassantes et précarisantes : à l’hôpital Tenon pour exiger la réouverture du centre IVG ; à Sodimédical pour réclamer leurs salaires ; chez Lejaby ou aux Trois Suisses pour protester contre leurs licenciements ; et bien entendu tout au long du Mouvement des retraites de 2010 en y organisant un point fixe féministe unitaire. Tout ça pour dire…

On continue

ON LÂCHE RIEN !!  

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EGALITE PROFESSIONNELLE : ce que nous en dit 2009

Je vais vous soumettre aujourd’hui une petite fiche sur les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes, dont les chiffres sont tirés de travaux publiés en 2009 par le Ministère du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Mais la crise étant entretemps passé par là, je vous engage à lire ensuite, pour réactualiser certaines informations, ma note appelée "Femmes au bord de la crise financière" qui en rapporte les effets sur les inégalités entre les femmes et les hommes. C’est pourquoi j’ai pris soin de conjuguer les verbes à l’imparfait, la situation des femmes s’étant corsée depuis deux ans sur certains points.

Inégalités femmes/hommes "chiffres cles" – 2009

D’après ces chiffres publiés en 2009 : près d’un actif sur deux est une femme. Les femmes sont pleinement intégrées au marché du travail, et leur taux d’activité a peu à peu, au fil des années, rattrapé celui des hommes. Ainsi, en 2008, les femmes représentaient 47,6% de la population active, ce qui n’est guère étonnant puisque 83,7% des femmes entre 25 et 49 ans exerçaient une activité professionnelle, bien que le taux d’activité des hommes demeure légèrement supérieur, et ce, dans toutes les tranches d’âge : 95,1% parmi les 25-49 ans par exemple. Au total, 65,5% des femmes âgées de 15 à 64 ans exercent une activité professionnelle, contre 74,6% des hommes.

Pourtant, de grandes disparités professionnelles existent toujours entre femmes et hommes :

Types d’emploi :

Les femmes occupent généralement des emplois moins qualifiés et sont moins nombreuses que les hommes à avoir un statut d’indépendant ou de chef d’entreprise. Ainsi, 92,7% des femmes étaient salariées en 2009, contre 86,6% des hommes. 7,3% des femmes actives étaient indépendantes ou chef d’entreprise, et cette proportion chiffrée en 2009 avait même légèrement diminué depuis 2006. Près d’une active sur deux était une employée, ou plus exactement 47,4%, contre seulement 13% des hommes. Cette catégorie socioprofessionnelle est très fortement féminisée puisque 76,4% des employés étaient des femmes.

Si les ouvriers sont plus généralement des hommes, à savoir 34,8% des hommes actifs contre 8,9% des femmes actives en 2009, il n’en demeure pas moins que les femmes sont surreprésentées parmi les catégories socioprofessionnelles modestes, vu que 56,3% des femmes étaient employées ou ouvrières contre 47,9% des hommes.

Aussi, les femmes sont moins représentées parmi les cadres et les professions intellectuelles supérieures, puisque 13,4% des femmes occupaient cette catégorie contre 18,7% des hommes. Cela est vrai aussi pour les artisans, commerçants et chefs d’entreprises (3,8% contre 8,3%) et les agriculteurs exploitants (1,1% contre 2,4%).

Précarité

Parmi les femmes salariées, 12% occupaient des CDD, contrats à durée déterminée, contre 7% des hommes salariés. Notons aussi qu’elles accédaient légèrement moins au CDI, le contrat à durée indéterminée, que les hommes (86% contre 88%). En outre, elles constituaient la grande majorité des travailleurs à temps partiel (82,0%) et ne représentaient que 40,2% des travailleurs à temps complet.

En 2008, plus d’une femme sur quatre travaillait à temps partiel (29,4% contre 5,8% des hommes). Surtout, ce travail partiel n’est pas toujours un choix : 7,7% des femmes étaient en situation de sous-emploi, c’est-à-dire qu’elles cherchaient à travailler davantage d’heures que celles proposées par leur poste à temps partiel, et ce taux montait à 11,0% parmi les employées et à 10,4% parmi les ouvrières.

Secteurs féminisés

La concentration des femmes est manifeste dans certains métiers des services, comme les aides à domicile, les aides ménagères ou les assistantes maternelles, et aussi de l’éducation et de l’action sanitaire et sociale. L’emploi féminin reste très circoncit à certains secteurs d’activité, puisqu’une femme sur deux, plus exactement 51,7 % d’entre elles, occupait un emploi concentré dans douze des 86 familles professionnelles.

Les métiers réellement mixtes sont rares. Seuls huit métiers sur 86 peuvent être considérés comme « paritaires », c’est-à-dire employant une proportion environ équivalente de femmes et d’hommes. Moins d’un actif sur dix travaille dans ces métiers.

surreprésentées dans le secteur public

Les femmes représentaient 59,1 % des effectifs des trois fonctions publiques, contre 42 % des effectifs de salariés du secteur privé. Globalement, elles sont encore une fois plus nombreuses aux échelons les plus bas, puisque 59,0% des agents de catégorie C étaient des femmes, 57,3% des agents de catégorie B et 56,3% des agents de catégorie A.

Cependant, ces chiffres cachent de véritables disparités. Ainsi, dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière, les femmes sont plus représentées dans les catégories B et moins dans les catégories A. C’est l’inverse dans la fonction publique de l’État.

Chômage

Les femmes sont davantage touchées par le chômage et représentaient 50,9% des chômeurs en 2008, alors qu’elles ne représentent que 47,6% de la population active. Le taux de chômage des femmes (7,9%) est donc significativement supérieur à celui des hommes (6,9%).

Selon une étude de l’INSEE datant de 2009 (Méron M., Omalek L. et Ulrich V. « Métiers et parcours professionnels des hommes et des femmes », France, portrait social, Insee références, 2009), quels que soient le diplôme obtenu et l’ancienneté, le risque est toujours plus grand pour les femmes de se retrouver hors de l’emploi, sauf pour celles qui ont le plus d’ancienneté et un diplôme égal ou supérieur au bac.

Inégalités salariales

Tous temps de travail confondus, les salaires des femmes sont inférieurs de 27% à ceux des hommes. Si l’on considère uniquement les travailleurs à temps complet, le salaire net annuel moyen d’une femme était, en 2007, dans le secteur privé ou semi-public, inférieur de 19,1% à celui d’un homme.

Dans la fonction publique, les écarts de salaires se révèlent moins importants mais demeurent, puisqu’en 2007, les femmes ont perçu en moyenne un salaire net annuel moyen inférieur de 13,3 % à celui des hommes. Dans la fonction publique territoriale, en 2007, cet écart était de 11,3 %. Enfin, c’est dans le secteur hospitalier public que l’écart était le plus important avec un salaire inférieur en moyenne de 21,6 % à celui des hommes.

Les écarts de salaires augmentent avec les responsabilités. Quel que soit le secteur d’activité, c’est parmi les cadres que les inégalités de salaires se révèlent les plus flagrantes. Dans le secteur privé ou semi-public, les femmes cadres gagnaient 23,6% de moins que les hommes, et cette différence est encore une fois plus réduite dans le secteur public quoiqu’elle restait très nette : 20,2% de moins dans le secteur public hospitalier, 18,4% de moins dans la fonction publique d’état et 17,1% de moins dans la fonction publique territoriale.

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OUTIL JURIDIQUE : Résistez, vous êtes discriminée !

Je vais consacrer cette note à soumettre aux lectrices un "petit guide pratique" des discriminations sexistes et de la manière dont vous pouvez légalement vous défendre !

Vous avez pu le remarquer en consultant l’onglet consacré aux dates du féminisme en France, nous comptons aujourd’hui parmi nos acquis quelques lois qui peuvent nous protéger contre toutes sortes de discriminations sexistes dans le monde du travail. Hélas, les chiffres montrent aussi que les femmes n’en usent pas assez, raison pour laquelle j’ai décidé de vous encourager à connaitre vos droits pour mieux vous armer contre les employeurs ou les prestataires indélicats !

On appelle "discrimination" toute distinction opérée entre des personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs moeurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. (article 225-1 du code pénal)

En dépit de ces grands principes, des discriminations ont lieu tous les jours dans le monde du travail entre autres, il s’agit donc de savoir dans quels cas et de quelle manière vous pouvez entrainer leur sanction et faire respecter vos droits ? Pour tout ce qui touche à l’emploi, sachez que le coupable encourt 3 ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende qui va de 45 000 € à 225 000 € lorsque la discrimination a entravé à l’exercice de votre activité économique, si vous avez été par exemple victime d’un refus d’embauche ou de stage, ou d’une sanction, c’est-à-dire de toute décision qui a affecté votre rémunération ou votre évolution professionnelle, voire un licenciement. Seule exception à cette règle, l’objet de la discrimination peut répondre, en de rares occasions, à une exigence professionnelle essentielle : On a le droit de discriminer un-e mannequin, une actrice ou un acteur en fonction de leur apparence physique par exemple. Articles 225-2 à 225-4 du code pénal

La loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 interdit également les discriminations directes fondées sur un critère ethnique ou racial, de religion, de convictions, d’âge, de handicap, d’orientation sexuelle ou de sexe lorsqu’elles conduisent à un traitement moins favorable. Mais il y a aussi ce qu’on appelle les discriminations indirectes qui, se fondant sur un critère apparemment neutre, peuvent pénaliser plus particulièrement certaines personnes en fonction de l’un des critères que j’ai cité. Ces discriminations sont également interdites ! Le refus d’appliquer les primes d’ancienneté aux salarié-e-s à temps partiels en est un exemple, puisque ceux-ci concernent majoritairement les femmes.

En matière de biens ou de services, le coupable de discrimination encourt également 3 ans d’emprisonnement et une amende allant de 45 000 € à 225 000 € lorsqu’elle a consisté à refuser de fournir un bien ou un service, à quelques exceptions près : Articles 225-2 à 225-4 du code pénal

La loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 interdit également les discriminations directes que j’ai déjà cité (critère ethnique ou racial, de religion, de convictions, d’âge, de handicap, d’orientation sexuelle ou de sexe) si ces personnes ont été victimes d’un traitement moins favorable. Là encore, la loi prend aussi en compte les discriminations indirectes : un club ne peut pas interdir l’entrée aux personnes ayant les cheveux longs, par exemple, puisque les femmes seront plus particulièrement concernées. Nous avons aussi un texte consacré aux discriminations liées à la grossesse ou à la maternité, loi  n° 2008-496 du 27 mai 2008 qui interdit toute discrimination directe ou indirecte dans l’ensemble des domaines SAUF les dispositions qui sont, au contraire, en faveur des femmes dans cette situation.

Si jamais les discriminations sont commises par des dépositaires de l’autorité publique ou des chargé-e-s de mission de service publique dans le cadre de leurs fonctions (si l’on vous refuse, par exemple, le bénéfice d’un droit reconnu par la loi ou qu’on entrave votre activité économique) les coupables seront puni-e-s de 5 ans d’emprisonnement et de 75000 € d’amende. (article 432-7 du code pénal)

Comment prouve-t-on une discrimination ?

Au pénal, le principe de présomption d’innocence impose à la partie civile, c’est-à-dire à la victime supposée, et au procureur de démontrer la culpabilité de la personne qui vous a discriminé. Il vous est donc possible de demander au procureur ou au juge d’instruction de prendre des mesures d’instruction. Par exemple, vous pouvez exiger qu’on vous communique, de façon éventuellement anonymisée, les revenus des autres salarié-e-s, leurs qualifications, les avancement, les primes etc. histoire de vérifier si vous avez été discriminée ou pas. La preuve peut d’ailleurs s’établir par tous les moyens, vous pouvez même avoir recours à des documents subtilisés !

Devant les juridictions civiles, c’est-à-dire le tribunal de proximité, d’instance, de grande instance et le conseil de prud’hommes, mais aussi le tribunal administratif, la charge de "la preuve" est aménagée : vous devrez prouver l’existence d’éléments qui laissent supposer que vous avez bien été victime de discrimination. Si cette preuve est apportée, il appartiendra au défendeur de démontrer le contraire.

Devant les juridictions civiles, le principe de loyauté impose que les éléments de preuve soient "loyalement obtenus". Vous ne pouvez donc pas avoir recours à des fiches de paye ou à tout autre document illégalement obtenu, comme par exemple des enregistrement faits à l’insu des personnes concernées. Dans ce cas-là, le mieux est de penser à photocopier tous les documents auxquels vous aviez accès ou dont vous étiez destinataires, et de demander une mesure d’instruction pour obtenir légalement la copie des documents dont vous avez besoin.

Il faut aussi chercher à obtenir toutes les informations possible sur sa propre situation et celle des personnes qui sont dans la même situation que vous, masculines et féminines, et qui laissent supposer qu’il y a bien une intention discriminatoire derrière les inégalités que vous avez pu constater, car "la preuve" est sensée à la fois établir une différence de traitement et des éléments qui démontrent qu’elle est due au fait qu’on aurait pris en compte un des critères prohibés par la loi, en l’occurrence votre sexe.

Du côté de la défense de votre employeur indélicat, on essaiera de remettre en cause ces deux points. L’employeur tentera de montrer que votre situation, en tant que salariée, n’est pas différente de celle des autres et/ou que le motif n’est pas discriminatoire. Il peut arguer par exemple que la différence de rémunération est due à une différence de qualification ou de fonctions.

Pour contre-attaquer, il faudra chercher à avoir le plus d’éléments possibles sur la situation de l’employeur, comme par exemple les bilans d’entretiens annuels ou les primes versées. Pour ce faire, n’hésitez pas à demander à accéder à son dossier, en particulier s’il est dans la fonction publique, à lister les mails élogieux, à examiner votre situation pendant une grossesse et ultérieurement par exemple si c’est à ce propos que vous vous êtes sentie discriminée. Seul hic, de nombreux documents ne seront plus accessibles – sauf instruction – si vous quittez l’entreprise. Pensez donc à imprimer tous les mails et organigrammes avant de prendre la poudre d’escampette !

Il faudra également essayer d’obtenir le plus d’éléments possible sur la situation de vos collègues, leur rémunération, leurs évolutions de carrière, leurs qualifications, les postes qu’ils ont occupés etc, soit en le leur demandant gentiment et en faisant votre petite enquête auprès de vos ancien-ne-s collègues sorti-e-s de l’entreprise (les réseaux sociaux sont assez utiles à cet effet ^^), soit en feuilletant les annuaires d’ancien-ne-s élèves des grandes écoles, ou encore les organigrammes des services. De même, si des propos discriminatoires ont été tenus, il est très utile d’obtenir des attestations de collègues ou d’ancien-ne-s collègues.

Une fois que vous aurez mis en évidence une différence de traitement entre votre situation et celle des collègues masculins, vous pourrez établir une intention discriminatoire en montrant qu’il y a bien une différence globale de rémunération et/ou d’évolution de carrière entre les femmes et les hommes dans votre entreprise. Il suffit pour cela de voir, par exemple, leurs évolutions de carrières respectives dans un service en vous appuyant sur des organigrammes anciens, en constatant des propos discriminatoires, ou encore en mettant le doigt sur une corrélation entre telle période de grossesse et telle diminution des augmentations etc.

N’hésitez pas, au cour de la procédure, à demander dans le cadre de l’instruction qu’on vous communique les salaires, primes, avantages en nature, stock options et  formations auxquels vos collègues ont pu avoir droit et pas vous.

Hélas, vous n’êtes pas arrivée à prouver la discrimination ?

En matière d’emploi, pour les salarié-e-s de droit privé, il est possible d’invoquer le principe "à travail égal salaire égal" qui est dégagé dans l’arrêt Ponsolle de la Cour de Cassation du 29 octobre 1996 (Cass. soc. 29 octobre 1996, no 92-43.680, Sté Delzongle c/ Ponsolle). Il n’est plus ici nécessaire de démontrer le motif discriminatoire puisqu’il suffit de montrer que les activités de travail de plusieurs salarié-e-s de votre entreprise sont similaires et qu’il n’y a aucune justification objective à la différence de salaire ou de traitement que vous avez constaté, que ce soit au niveau de vos qualifications ou de la satisfaction de l’employeur à propos du travail que vous fournissez.

Pour ce qui est de la fonction publique (les fonctionnaires et les contractuel-le-s), il est possible d’invoquer le principe général du droit d’égalité de traitement dégagé par le Conseil d’Etat dans l’arrêt du 24 octobre 1951 Fédération Syndicale des travailleurs des PTT (CE 24 octobre 1951, Fédération syndicale des travailleurs des Ptt, rec. 495) qui produit des effets similaires au principe "à travail égal, salaire égal".

Par rapport à la fourniture de biens ou de services, pour les services publics, il est possible d’invoquer le principe constitutionnel d’égalité des usager-e-s devant le service publique dégagé par le Conseil d’État dans sa décision Société des concerts du Conservatoire (CE 9 mars 1951 Société des concerts du conservatoire Rec. 151) en démontrant que vous avez été victime d’une différence de traitement injustifiée.

Enfin, par rapport au privé, pour ce qui est du droit de la consommation, il est possible d’invoquer la "prohibition du refus de vente" (article L122-1 du Code de la Consommation), ce qui fait encourir au coupable une peine de 1500 € d’amende, en plus de l’indemnisation du préjudice subi. Cependant, le commerçant a la possibilité de justifier sa conduite par un motif légitime aux yeux de la loi, c’est notamment le cas quand il arrive à prouver qu’il était dans l’impossibilité de fournir tel bien ou tel service, ou qu’il y a eu une mauvaise conduite de votre part en tant que consommatrice.

N’hésitez pas, devant les juridictions civiles ou administratives, à exiger une condamnation sur un de ces fondements. Vous pouvez demander par exemple une condamnation pour discrimination et, à titre subsidiaire, pour violation du principe" à travail égal, salaire égal", car si la juridiction n’est pas convaincue que la différence de traitement est fondée sur un critère de sexe, elle pourra néanmoins la sanctionner.

Que pouvez-vous demander ?

Vous le savez peut-être, un juge ne peut pas statuer au dessus de ce que demandent les parties elles-mêmes. N’hésitez donc pas à formuler des demandes élevées, en essayant tout-de-même qu’elles ne soient pas trop fantaisistes. Je sais qu’il n’y a rien de plus difficile que de calculer un préjudice matériel et surtout moral. en matière de fourniture de biens ou de services, il n’est pas trop compliqué de calculer la perte occasionnée par le fait que vous n’avez pas pu bénéficier de ce bien ou de ce service, ou l’impact que cette différence de traitement dont vous avez été victime a opérée.

En matière professionnelle, il faut établir vos exigences en vous comparant à vos collègues, c’est-à-dire en imaginant le niveau théorique auquel aurait dû être votre rémunération lors de votre recrutement, le niveau moyen d’augmentation, et comparer tout ça avec les personnes qui ont la même qualification que vous, en essayant de connaître les propos tenus lors des entretiens annuels etc. Il ne vous reste plus qu’à simuler l’écart total de rémunération, sans oublier d’intégrer les écarts de primes !

Exemple : vous êtes salariées, et vous commencez avec un salaire de 100 alors que vous avez la même qualification et effectuez des travaux équivalents à ceux de vos collègues hommes qui ont commencé, eux, avec 105. Pendant 10 ans, vous avez eu  2% d’augmentation alors que vous auriez pu prétendre à 4%. Ajoutez à cela les différences de primes, les avantages en natures, la valeur des formations auxquelles vous n’avez pas eu le droit etc.

En cas de licenciement discriminatoire, vous pouvez exiger votre réintégration si vous êtes en mesure de démontrer qu’il y a bien eu discrimination. Si vous ne souhaitez pas rester dans l’entreprise, vous pouvez présenter une prise d’acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l’employeur, le mieux serait aussi de consulter un-e avocat-e avant de le faire. Le plus simple est d’envoyer un courrier recommandé indiquant votre volonté de prendre acte de la rupture du contrat de travail en raison des torts de l’employeur. Si la discrimination est démontrée, elle produira les effets d’une licenciement sans cause réelle et sérieuse, et ouvrira droit au versement de l’indemnité liée à la rupture (c’est-à-dire le temps passé sans revenus à la recherche d’un emploi etc) et à l’indemnité de licenciement. N’oubliez pas de joindre le détail de vos calculs lors de votre demande.

Pour calculer le préjudice moral, qui est le montant auquel vous estimez les « souffrances » (si si, c’est objectif et ça se calcule) que vous a occasionnées la discrimination, n’hésitez pas à réclamer un montant important sachant que le juge n’accordera probablement pas la totalité de la somme, mais surtout, comme je l’ai dit plus haut, qu’il ne pourra pas non plus accorder un montant supérieur si jamais vous avez été trop modeste. Joignez tout ce que vous pouvez avoir à votre disposition comme certificats médicaux, attestations démontrant un mal être professionnel résultant de l’absence de reconnaissance du travail fourni etc.

Pour ce qui est de la peine, celle-ci ne peut être demandée que devant les juridictions pénales. Elle ne peut être supérieure à un chiffre maximum prévu par les textes, en l’occurence 5 fois le montant de l’amende prévue pour les personnes morales.

Peut-il y avoir prescription ?

Au pénal, vous avez 3 ans à compter de la fin de l’infraction c’est à dire la fin de la période d’emploi discriminante, ou la fin de l’acte ponctuel de discrimination. (Article 8 du Code de Procédure Pénale)

Devant le Conseil de Prud’hommes, vous avez 5 ans à compter du moment où on est en mesure de prouver la discrimination dans la limite de 20 ans à compter des faits. Le préjudice réparable couvre l’ensemble de la période pendant laquelle vous avez été discriminée. (Article L1134-5 du Code du Travail)

Par exemple, imaginez que vous avez travaillé dans l’entreprise X entre 1960 et 1990, et que vous y avez subi une différence de traitement discriminatoire. Vous demandez en 2006 à l’entreprise, ou à d’ancien-ne-s collègues, qu’on vous communique des documents. Vous les obtenez en 2007 et êtes ainsi en mesure de prouver la discrimination dont vous avez été victime. Vous avez alors 5 ans pour agir dans la limite de 20 ans à compter de la fin de la discrimination, donc jusqu’en 2010, et vous pourrez obtenir l’indemnisation de la discrimination pendant toute sa durée, qui remonte à 1960 !

Pensez à demander systématiquement des mesures d’instruction ou que l’employeur vous communique des documents, quand vous avez changé d’emploi depuis plus de 5 ans. Vous pourrez ainsi déclarer n’avoir été en mesure d’établir la discrimination qu’à partir de la réception de ces documents. L’idéal est d’agir le plus vite possible car l’inflation joue contre vous et l’employeur pourra invoquer la destruction d’un certains nombre de vieux documents pour faire obstacle à des demandes de communication !

Devant le Tribunal Administratif, si vous attaquez un acte administratif (comme par exemple une décision en matière d’emploi ou une discrimination dans un service public)  vous ne pourrez obtenir son annulation que dans un délais de 2 mois à compter de sa notification – si les voies de recours sont mentionnées – ou de sa publication. Seule la date de réception est prise en compte, et non la date d’envoi !

Pour obtenir l’indemnisation du préjudice de discrimination, la prescription est de 5 ans à compter du moment où vous êtes en mesure de la prouver. La réparation couvre la discrimination pendant toute sa durée. (Article 7 bis de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983). Devant les autres juridictions civiles, la prescription est de 5 ans à compter du moment où vous êtes en mesure de faire valoir vos droits dans la limite de 20 ans à compter des faits. Seule la discrimination non prescrite sera indemnisable (Article 2224 du Code Civil)

Quelles sont les voies de recours ?

Le Tribunal Correctionnel est la seule juridiction devant laquelle vous pourrez obtenir des sanctions pénales, tel un emprisonnement et/ou une amende, en plus de l’indemnisation du préjudice subi. Il n’est compétent que pour les cas où la discrimination au sens pénal est caractérisée. Mais les règles de preuve sont beaucoup plus strictes et les délais de prescription bien plus courts, et vous ne pouvez pas saisir la juridiction après avoir saisi un juge civil !

Pour agir, il faut porter plainte soit devant n’importe quel commissariat, soit par un courrier recommandé adressé au procureur du Tribunal de Grande Instance du lieu ou a été commis l’infraction. Le procureur décidera alors de donner suite ou de ne pas donner suite à votre plainte. S’il décide de donner suite, ce qui est fréquent puisque la lutte contre les discriminations est une priorité de la politique pénale, vous pourrez vous constituer partie civile jusqu’à 24h avant l’audience, en adressant une lettre recommandée au tribunal où vous devrez préciser l’infraction. Vous pourrez ainsi intervenir à l’audience, demander des dommages et intérêts, des mesures d’instruction etc.

S’il décide de ne pas donner suite ou ne répond pas dans un délais de 3 mois, vous pouvez demander au procureur général de la cour d’appel de revenir sur cette décision et vous constituer partie civile pour forcer l’action publique. Pour autant, la prescription n’est pas interrompue par le dépôt de plainte mais par la constitution de partie civile ou par l’action du procureur. Il faut donc avoir porté plainte suffisamment tôt, et délivrer une citation directe par exploit d’huissier, auquel cas il n’y aura pas d’instruction, comptez 30€, soit en envoyant un courrier recommandé au doyen des juges d’instruction du lieu où a été commise l’infraction. Une consignation – c’est-à-dire une somme d’argent bloquée destinée à garantir une éventuelle condamnation pour procédure abusive – sera fixée en fonction de vos ressources.

Il n’est pas obligatoire d’avoir un-e avocat-e mais seul-e celle ou celui-ci pourra avoir accès au dossier. D’autre part, en cas de non lieu ou de relaxe, vous pourrez être poursuivie pour dénonciation calomnieuse, c’est pourquoi je vous recommande d’être assistée d’un-e avocat-e.

Le Conseil de Prud’hommes est quant à lui compétent pour tout litige concernant une relation de travail de droit privé. La procédure est assez simple, il suffit de déposer ou d’envoyer un requête au conseil de prud’hommes du lieu où s’exerce la relation de travail. Il n’y a pas, là non plus, d’obligation d’être assistée d’un-e avocat-e, ou au contraire vous pouvez être assistée par d’autres personnes comme des défenseurs syndicaux, un conjoint etc. Vous serez d’abord convoquée à une audience de conciliation, devant laquelle vous pourrez demander des mesures d’instruction, puis à une audience de jugement. Par contre, la règle d’unicité d’instance impose que vous souleviez tous les éléments de litiges relatif à votre contrat de travail à l’audience. Une fois la décision définitive rendue, vous ne pourrez plus agir pour un motif antérieur. Par exemple, vous ne pourrez plus obtenir le payement d’heures supplémentaires non demandées.

En cas d’urgence, il est possible de recourir à la procédure de référé, par exemple en cas de sanction imminente ou qui nécessite une annulation sans délais (comme le licenciement d’une salariée enceinte). Le conseil statue rapidement et peut ordonner toute mesure qui ne se heurte pas à une contestation sérieuse, comme la communication de documents nécessaires à établir la discrimination, l’enregistrement des mails professionnels avant qu’ils ne soient effacés, le versement de provisions (qui sont des avances sur une condamnation probable) si la discrimination est évidente. (R1455-5 du Code du Travail) ou en cas de trouble manifestement illicite, toute mesure conservatoire ou de remise en état pour le faire cesser (R1455-6 du code du travail).

Le Tribunal Administratif est de son côté compétent pour tout ce qui concerne les fonctionnaires et les contractuel-le-s de droit public, mais aussi pour tout ce qui concerne les actes administratifs et la responsabilité de l’administration. Vous pouvez agir par le biais de Recours en Excès de Pouvoir pour obtenir l’annulation des actes administratifs unilatéraux (c’est-à-dire des décisions individuelles). Dans ce cas, vous devez saisir le Tribunal du lieu de résidence de l’auteur de l’acte attaqué, ou pour la fonction publique du lieu d’affectation, donc du lieux où vous êtes mutée si vous contestez la mutation par exemple, par le biais d’une requête écrite. Il n’est pas nécessaire d’être assistée d’un-e avocat-e. Vous pouvez également agir en plein contentieux, auquel cas vous pourrez obtenir non seulement l’annulation d’actes administratifs mais aussi des dommages et intérêts. Dans ce cas, les règles de compétence sont les mêmes, mais il est nécessaire d’être assistée d’un-e avocat-e.

Là aussi, en cas d’urgence, il est possible de recourir aux référés. Deux types principaux peuvent être utilisés : le référé liberté (L521-2 du Code de justice administrative) imposant au juge de statuer en principe sous 48h en cas d’urgence, et d’atteinte grave et manifeste à une liberté fondamentale. Il n’est pas nécessaire d’être assistée d’un-e avocat-e mais il est assez rare que ce référé fonctionne puisque la notion d’urgence et le caractère fondamental de la liberté sont strictement appréciés.

Il est aussi possible d’exercer un référé suspension (L521-1 du Code de Justice Administrative), qui suppose une urgence (c’est moins stricte que pour le référé liberté), un doute sérieux quand à la légalité de l’acte et un recours au fond (qui est un recours en excès de pouvoir ou en plein contentieux). Dans ce cas, le juge peut suspendre la décision en attendant un jugement au fond. Si la suspension a pour effet de rendre inutile la décision, le juge effectue un contrôle de proportionnalité entre le doute et l’intérêt qu’aurait pour la collectivité le maintient de la décision. Il n’est pas non plus nécessaire d’avoir un-e avocat-e. Un tel recours peut être utile pour prévenir une mutation ou toute autre sanction discriminatoire. Le juge statue en principe dans un délais de 48h à 2 mois.

Au civil, le Tribunal de proximité est compétent pour les litiges de droit privé d’un montant inférieur à 4000 €. La saisine ne suppose pas l’assistance d’un-e avocat-e et peut se faire par simple déclaration aux greffes. Le tribunal d’Instance est compétent pour les litiges de droit privé d’un montant inférieur à 10000 €. La saisine se fait au dessus de 4000 € par assignation (c’est-à-dire par exploit d’huissier, comptez 30 €). Il n’est pas nécessaire d’être assistée d’un-e avocat-e. Le Tribunal de Grande Instance est compétent pour les litiges de droit privé d’un montant supérieur à 10 000 €, et l’assistance d’un-e avocat-e est obligatoire.

Il existe quelques autres juridictions plus marginales devant lesquelles peuvent être invoquées des faits de discrimination pour obtenir une indemnisation ou annuler des décisions, comme le Tribunal de Commerce compétent pour les litiges entre commerçant-e-s, ou le Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale qui suppose la saisie préalable de la Commission de Recours Amiable en matière de Sécurité Sociale etc.

L’assistance d’un-e avocat-e ou d’un-e défenseuse/r syndical-e n’est pas toujours obligatoire, mais elle peut s’avérer très utile voire franchement incontournable tant il est périlleux de déclencher des procédures toute seule si vous n’avez pas de solides connaissances en droit ou la ferme intention – et le temps – de les acquérir ! Pourtant, même avec un-e avocat-e, vous devrez effectuer un part assez grosse du travail de recherche de pièces, car son rôle n’est après tout – et c’est déjà beaucoup ! – que de vous assister et vous représenter ! Si vous n’avez pas beaucoup de moyens, vous pouvez aussi bénéficier de l’aide juridictionnel pour pouvoir bénéficier d’une telle assistance en remplissant ce formulaire et notice pour l’aide juridictionnelle.

Bon courage, haut les cœurs et résistance !!


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IMMIGRÉES : D’ailleurs elles sont d’ici

Elles sont d’origine angolaise, congolaise, russe, polonaise, roumaine, péruvienne, algérienne, sénégalaise, moldave, philippine ou marocaine

… et leur parcours est celui de la combattante !

Elles sont souvent diplômées dans leur pays d’origine, mais la France n’avoue que rarement leurs diplômes. Beaucoup d’entre elles vont chercher les enfants à la sortie de nos écoles, préparent leurs dîners, prennent soin des personnes âgées, font leurs courses quand celles-ci ne peuvent plus se déplacer, et sont bien obligées d’improviser les nécessaires compétences en matière d’écoute et de patience, qui – rappelons-le toujours – ne sont ni naturelles ni acquises (oui oui, même aux femmes).

Les femmes françaises issues de l’immigration, immigrées étrangères et sans papières rencontrent une kyrielle de difficultés sur le terrain de l’insertion professionnelle, d’abord en cumulant les discriminations sexistes et racistes à l’embauche, mais surtout en subissant les ravages d’un vaste projet libéral qui A BESOIN d’engouffrer certaines catégories dans la précarité afin que les concernées servent de variable d’ajustement aux entreprises. Leur autonomie financière, nerf parmi les nerfs de l’indépendance des femmes, se voit sans cesse affaiblie par leur cantonnement aux secteurs précaires du nettoyage, de l’hôtellerie, de la confection, de la restauration et surtout du service à la personne.

Isolées, éparpillées sur des lieux de travail différents, il leur est quasiment impossible de s’organiser de façon collective, de faire grève ou de construire une quelconque structure représentative qui aurait vocation à défendre les droits et les intérêts des femmes travaillant dans le secteur du service à la personne. Nous n’inciterons d’ailleurs jamais assez les syndicats à encourager le plus possible leur participation active au sein de leurs structures. L’Organisation Internationale du Travail (OIT) reconnait cette situation particulière en révélant que « le travail domestique continue d’être sous-évalué et invisible (…) effectué principalement par des femmes et des jeunes filles dont beaucoup sont migrantes ou appartiennent aux communautés historiquement défavorisées et donc particulièrement exposées à la discrimination liée aux conditions d’emploi et de travail et aux autres violations des droits humains ».

Pour ce qui est de l’accès à l’emploi, selon le Service des Droits des Femmes et de l’Égalité, en 2009, près de 58% de femmes immigrées âgées de 15 à 64 ans, ayant eu un emploi ou en recherchant un en 2008, étaient au chômage contre 66,3% des femmes non immigrées. Enfin, par rapport à la traite des êtres humains et à l’exploitation sexuelle, les femmes immigrées ou issues de l’immigration représentent 80% des personnes concernées, et les mesures de réglementation de la prostitution de quelques pays européens ont eu le désavantage de donner aux trafiquants l’idée de les recruter en les appâtant par de fausses promesses d’emploi régulier, pour les forcer à se prostituer et confisquer illégalement leurs papiers d’identité.

Malheureusement, les politiques concernant les personnes immigrées sont souvent menées sans prendre en compte la dimension du genre, quand la situation des femmes immigrées exige que les lois n’ignorent pas leur exposition particulière à l’exploitation et à toutes sortes de discriminations et de violences. Cette indifférence concourt à entretenir pas mal d’idées reçues aujourd’hui obsolètes, la plus connue étant qu’elles émigreraient seulement en tant qu’épouses pour accompagner leurs conjoints, or elles sont de plus en plus nombreuses à prendre la décision de partir de façon tout-à-fait indépendante, poussées par la pauvreté, les changements climatiques ou la nécessité d’échapper à la discrimination à laquelle elles sont soumises dans leurs pays. Du reste, l’augmentation des transferts de fonds qu’elles effectuent vers ces pays d’origine suffit à montrer que ces femmes contribuent à l’économie du pays d’accueil et se privent d’une bonne part de leurs maigres salaires pour aider leurs familles laissées de l’autre côté de la frontière.

Pour ce qui est des femmes en situation irrégulière, celles-ci se heurtent à d’astronomiques obstacles pratiques et juridiques pour accéder, entre autres, aux services sociaux ou pour obtenir la protection qu’offrent les foyers d’hébergement pour femmes. Quand elles sont illégalement employées, elles vivent dans l’angoisse constante d’être découvertes, à la totale merci de leurs employeurs et démunies de tout pouvoir de négociation touchant à leurs conditions de travail. Enfin, quand elles sont victimes de violences conjugales, elles sont nombreuses à les subir en silence pour éviter d’avoir affaire aux autorités compétentes qui risqueraient d’ourdir leur expulsion.

Il est d’autant plus important de ne pas laisser tomber les femmes sans papières qu’elles répondent, il faut bien le dire, à un immense besoin social de garde de personnes dépendantes, que ce soit les enfants ou les personnes âgées, dans un pays où la majorité des femmes travaillent, toutes précaires qu’elles sont néanmoins, et où la population vieillit. La pénurie de structures publiques d’accueil des enfants et des personnes âgées renforce cette triste et cynique réalité qu’elles servent aussi à soulager les femmes françaises, victimes de la double journée , d’une répartition inégalitaires des tâches ménagères et du désengagement de l’état en matière de services publiques performants. C’est donc quelque part grâce à l’exploitation des femmes issues des quartiers populaires, dont une grande majorité sont des immigrées et des sans papières, que les autres arrivent parfois à exercer une activité professionnelle. Ne mettons pas ici en cause les individus qui composent cet état de fait sans l’avoir prémédité, et détractons plutôt les systèmes de domination de genre, de classe et de rapport Nord-Sud qui les structurent.

Je finirai en disant que les quelques sans-papières qui décident d’engager des procédures pour être régularisées se heurtent bien souvent à une grossière hypocrisie de la préfecture, celle-ci leur réclamant des feuilles d’impôt ou des fiches de paie tout en sachant qu’elles ont souvent été forcées de travailler avec de faux papiers, les papiers des autres, ou de travailler au noir pour subvenir tant bien que mal à leurs besoins. Elles auront donc besoin de toute notre solidarité quand les associations qui s’occupent de les arracher à l’ombre qui les abîme, comme Femmes Égalité dont on ne saluera jamais assez le dévouement à cette rude et noble cause, s’organiseront pour obtenir leur régularisation… tenons-nous prêt-e-s !

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CRISE : Femmes au bord de la crise financière !!

Pendant les « Remue-Méninges à gauche » qui se sont déroulé il y a quelques jours à Grenoble, et qui tenaient lieu d’universités d’été du PG – avec, cette année, la participation bien naturelle de nos partenaires du Front de Gauche -, nous avons consacré plusieurs débats à la question des inégalités entre les femmes et les hommes, dont un pertinemment nommé « les femmes face à la crise ». Et pour cause, les femmes sont les premières victimes des crises financières et des politiques de rigueur qui les suivent de près.

Comme le savent celles et ceux qui connaissent un peu mon discours, j’ai souvent tenu à clarifier la nature de cette lutte en rappelant que la domination masculine est loin d’être l’œuvre du système capitaliste, puisqu’elle l’a précédé de plusieurs centaines de siècles. Mais le mouvement féministe "Lutte des classe" que mène le Parti de Gauche, représenté en cela par le travail de sa Secrétaire Nationale à l’égalité Femmes-Hommes Delphine Beauvois, ne saurait occulter que cette domination trouve aujourd’hui dans l’appareil de la mondialisation libérale une nouvelle occasion de s’asseoir davantage.

Beaucoup de discours réactionnaires signés Zemmour & Soral se plaisent à prétendre que le capitalisme, félon associé de la lutte des femmes pour leur émancipation, les a d’autant plus exposé à ses coups qu’il bouscule l’ordre social patriarcal défendu par la droite traditionnelle. À en croire leur harangue, cette dernière aurait eu meilleure vocation à protéger les femmes de la rudesse de l’exploitation capitaliste, et le Mouvement de Libération des Femmes aurait été mal inspiré de remettre en cause l’affable patriarcat qui les écartait de l’accès à l’emploi. Rien de très étonnant, au final, que ce discours qui dénigre assez les femmes pour croire qu’elles peuvent préférer au terrain accidenté des conquêtes émancipatrices l’indigne nid de l’asservissement. Les conservatrices et conservateurs ont toujours cherché à caresser la couardise des peuples qui se soulèvent pour briser leurs chaines, en conseillant aux ouvrier-e-s de se coucher sous l’aile paternelle de leurs patrons, aux esclaves de profiter des avantages d’une servitude qui les nourrit, et aux femmes de se laisser dicter leurs vies par leurs maitres bienveillants de maris, au prix minime de quelques sautes d’humeur pas toujours justifiées et de quelques coups de bâtons parfois abusifs. Après tout, les maitres ne sont que des hommes.

Revenons à nos moutons. Je me réfèrerai ici aux superbes travaux de Christiane Marty, chercheuse et membre du conseil scientifique d’Attac, qui a su imposer la question des inégalités pendant la bataille des retraites, en publiant régulièrement des tribunes dédiées à cette problématique. Comme elle l’a très bien expliqué dans un des atelier féministes du Remue-méninges, les femmes sont les premières victimes de la crise et de l’austérité, en France comme dans tous les autres pays. Le constat n’est plus un secret de polichinelle, il est reconnu et partagé par le Bureau International du Travail, la Confédération Syndicale Internationale, ou encore la commission du parlement européen qui le dit en toutes lettres :

« Les inégalités entre les femmes et les hommes sont connues de longue date, mais sont exacerbées par la crise. Les femmes subissent souvent ses conséquences négatives plus rapidement, et ne profitent de la reprise qu’avec retard ».

Nous l’avons vu en France, les politiques d’austérité menées par les pays européens aboutissent souvent à des coupes sévères dans les budgets sociaux, comme l’ont illustré la RGPP ou la réforme des retraites chez nous, et il n’est plus à démontrer que les femmes sont celles qui subissent plus rudement les conséquences de l’allongement de la durée de cotisation et du recul de l’âge de départ à la retraite.

Christiane MARTY, chercheuse et membre du conseil scientifique d’Attac

Comme l’ordre social patriarcal les a dès longtemps désigné comme responsables de la famille, il va sans dire que les femmes ont particulièrement souffert du rabotage de la protection sociale en Europe, de la baisse de plusieurs prestations comme l’allocation maternité, les aides aux familles, les montants et les durées d’indemnisation du chômage… je ne compte même pas tout le reste, la fermeture des services publiques, des maternités ou encore des centres d’IVG.

À cela s’ajoutent d’autres motifs de préoccupation comme le manque de crèches, dans un pays où seul 10% des enfants y trouvent un accueil. Vous pensez bien que ce sont encore une fois les femmes qui, majoritairement, renoncent à travailler ou se rabattent sur le temps partiel, premier piranha des salaires et des pensions de retraites. Ne parlons même pas des budgets alloués aux politiques d’égalité femmes/hommes qui sont, vous l’imaginez, les premiers à passer à la trappe. En France, le Service des Droits des Femmes et de l’Egalité n’a pas échappé à la règle de la tonte.

Au niveau du chômage, celui des hommes a été le premier à augmenter en 2008, puisque la crise a d’abord touché les secteurs de l’industrie de l’automobile, du bâtiment ou des transports. Mais les femmes les ont rapidement rattrapé depuis les services liés à l’éducation, à la santé et aux services publics où elles sont majoritairement cantonnées, et qui ont été touchés dans un second temps. Depuis, le chômage des femmes est redevenu supérieur à celui des hommes, puisqu’il est de 9,9% contre 6%. Ça ne va d’ailleurs pas en s’arrangeant : en un an, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 5,5% pour les femmes et de 0,5% pour les hommes. Le rapport de la Confédération Syndicale Internationale de mars 2011 l’affirme lui-même :

« L’impact de la crise sur l’emploi des femmes tend à être sous-évalué et ne fait jamais la Une des journaux. Pourtant les femmes sont les premières concernées par la crise et la précarité croissante de l’emploi. »

Comme le résume ce petit extrait, c’est surtout la multiplication des emplois précaires et la grosse augmentation des temps partiels (très souvent contraints) qui mènent la vie dure aux femmes depuis la crise, en témoigne le dernier rapport de la Confédération Européenne des Syndicats paru en juin 2011 qui fait un constat alarmant des conditions de travail des femmes en Europe, pour ce qui est du temps de travail, des salaires, des contrats précaires ou de l’explosion du travail au noir. Dans l’Europe des 27, le taux moyen d’emploi des femmes est inférieur de 12 point à celui des hommes, puisqu’il est de 59% contre 71%. Là encore, ce ne sont pas pour autant des emplois à temps plein, car c’est bien le temps partiel, souvent subi, à 83% féminin, aussi bénéfique pour les employeurs que néfaste pour les employées, qui s’est développé partout en Europe et qui est très favorisé aujourd’hui par les politiques libérales.

J’en profite pour dire quelques mots sur la condition des femmes dans les quartiers populaires, qui ont été si nombreuses, ces derniers mois, à ne pas partir en vacances. Que ce soit par rapport au logement social, aux salaires des fonctionnaires ou aux aides aux familles défavorisés, elles ont été en première ligne des coups portés à leur quotidien par la rigueur. Les femmes immigrées, ou issues de l’immigration, voient également se liguer contre elles la discrimination sexiste et raciste à l’embauche. Ne parlons même pas – ou si justement – de cette dernière catégorie de travailleuses qui ne figure nulle part dans les données, qui peuvent être licenciées du jour au lendemain, sans procédure et sans indemnités, enfin qui ne bénéficient d’aucune allocation, les travailleuses sans papiers. Toutes ces femmes sont aujourd’hui sujettes aux fins de mois difficiles, dépendantes de leurs conjoints, elles renoncent souvent aux soins, tremblent sous la menace d’expulsion du logement, et n’espèrent même plus trouver un emploi stable ou à temps plein. Il est donc d’autant plus nécessaire de soutenir la Campagne unitaire pour l’égalité salariale lancée par le CNDF et les associations féministes qui le composent – dont évidemment Osez Le Féminisme – mais aussi Femmes Égalité, la Maison des Femmes de Montreuil, ATTAC, et autres syndicats et partis politiques dont le Front de Gauche.

Ces inégalités salariales, qui s’élèvent aujourd’hui à 27%, sont surtout aggravées par les bas salaires des métiers féminisés. 49,8% des femmes salariées sont cantonnées dans 11 des 86 familles professionnelles répertoriées par l’INSEE, à savoir – entre autres – agents d’entretien, vendeuses, caissières, employées administratives, secrétaires, hôtesses d’accueil, aides soignantes, infirmières, sages-femmes, aides à domicile, métiers dans l’action sociale, éducatrices et assistantes sociales, enseignantes, assistantes maternelles, coiffeuses, femmes de ménage, femmes de chambre, agentes de restauration, et pour évoquer le monde ouvrier, l’électronique, le textile et l’agro-alimentaire. Résultats des courses : 80% des travailleurs pauvres sont des femmes. J’ai pris le temps de les citer, en gras même… les médias ont tant braqué leurs projecteurs sur le cas des femmes cadres ou de celles qui siègent dans les Conseils d’Administration du CAC40.

Clémentine AUTAIN de la FASE – Front de Gauche – entourée par Magali de HAAS (Osez le Féminisme) et Béatrice GAMBA (Mixcité)

Dernier aspect que j’aimerai souligner, ce sont les stéréotypes de genre qui attribuent aux femmes des capacités naturelles à assumer ces métiers, et qui délégitiment ainsi leurs droits à revaloriser leurs salaires. Vous pensez bien que si les femmes savent naturellement s’occuper des enfants, faire le ménage, accompagner les personnes âgées ou faire la cuisine, si elles ont des qualités innées d’écoute et de patience, on va plutôt partir du principe qu’elles ont une facilité particulière à assumer ces tâches et ne peuvent exiger qu’un salaire d’appoint. Or le pire serait de penser que le salaire féminin n’est qu’un complément. D’abord parce qu’il faut compter les femmes seules, en particulier celles qui ont des enfants à charge. Et même si le conjoint peut subvenir aux besoins du ménage, l’autonomie financière des femmes est une arme fondamentale pour leur permettre de disposer de leurs sorts, d’être libre de leurs choix, ou de partir du foyer quand elles sont victimes de violences. Combien ont hésité à se soustraire de cette violence pendant de longues années pour ne pas s’exposer, ou exposer leurs enfants, à une vie sans domicile fixe, et sont allé grossir les chiffres de celles qui succombent à leurs blessures, dans un pays où une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon ? Et avec la fermeture du dernier centre du SAMU social parisien qui accueillait des femmes en situation de grande détresse et de précarité le 30 juin dernier, on peut dire qu’elles ne sont pas sorties de l’auberge rouge.

Autre idée reçue, les salaires des métiers féminisés seraient plus bas car ceux-ci sont moins pénibles. Pourtant, les femmes sont majoritairement touchées par les troubles musculo-squelettiques, principale cause de maladies professionnelles. Car ces métiers font souvent appel au travail répétitif, au travail permanent face à un écran (je parle de celles qui travaillent dans les plateformes téléphoniques), au travail morcelé quand elles doivent abandonner une tâche pour en faire une autre plus urgente (comme les agents administratifs ou dans les métiers soignant), les postures contraignantes dont souffrent les caissières, les vendeuses et les femmes de ménage, et enfin le port des charges lourdes comme dans la manutention, quand elles s’occupent des personnes âgées suivies à domicile, du remplissage des rayons ou des articles en caisse.

Il est à d’ailleurs à noter qu’Attac a estimé le volume d’aide aux personnes dépendantes qu’apportent les aidants familiaux, très majoritairement des femmes, à 500 000 emplois à temps plein. Nous pourrions donc exiger de créer de vrais emplois pour satisfaire ces besoins dans la fonction publique, en professionnalisant les secteurs d’aides aux personnes dépendantes, en en faisant des métiers stables, qualifiés, bien rémunérés, à temps plein, et qu’ils ne soient plus labellisés féminins.

Nous le savons au Front de Gauche, et Maya Surduts du Collectif National des Droits des Femmes n’a eu de cesse de le rappeler, la France est entrain de connaître un bouleversement décisif, tant sur le terrain économique que sur l’ensemble de notre modèle de société. La droite n’a d’autre objectif que de remettre en question l’exception française qui a encore un heureux retard par rapport à ses objectifs libéraux. Face à elle, un mur gigantesque doit être démoli, celui de l’ensemble des structures qui font la spécificité française, la sécurité sociale, les services publics, tous les acquis des mouvements sociaux, bref la solidarité. L’une de ses stratégies face aux révolutions progressistes a été de discréditer la plus subversive, la plus contestataire de l’ordre social, le Mouvement de Libération des Femmes. Comment ? On a prétendu que ses chantres étaient toutes : des mal baisées, des lesbiennes, des hystériques, et on voit encore tous ses préjugés, des années plus tard, persister encore dans l’inconscient collectif. Si les femmes sont ainsi considérées comme des citoyennes de seconde zone, si même le mouvement social et les partis de gauche considèrent parfois qu’il y a d’autres priorités que la lutte contre la domination masculine, il est d’autant plus facile de tolérer les inégalités, de leur imposer le temps partiel, enfin de partir toujours du principe que ce ne sont pas des citoyennes à part entière. C’est ce combat idéologique qu’il nous faut aujourd’hui mener pour ne plus souffrir que le mot égalité, qui trône au milieu du fronton de la République, soit si durement bafoué.

Maya SURDUTS – Collectif National des Droits des Femmes

Le mot de la fin sera un peu plus global, car il est aujourd’hui absolument urgent de DÉ-COM-PLE-XER nos exigences sociales, qui sont croyons-le tou-te-s aussi raisonnées que légitimes. Les déficits publics existaient bien avant la crise, et ce dans la quasi totalité de tous les pays de l’OCDE, même si la crise les a sans doute augmenté. NON la dette publique n’est pas due à une envolée des dépenses publiques, mais bien à la baisse des recettes publiques, particulièrement due aux politiques fiscales (ou devrais-je dire aux cadeaux fiscaux faits aux ménages les plus riches et aux entreprises). Après quoi, les États en déficit ont dû emprunter sur les marchés financiers qui exigent aujourd’hui que leurs débiteurs réduisent leurs déficits en faisant des coupes irresponsables et inhumaines dans leurs budgets sociaux, et en remettant en cause, sans vergogne, notre protection sociale.

Si on les laisse faire, ce seront les salarié-e-s, les retraité-e-s, les bénéficiaires de prestations, et avant tout les femmes qui payeront l’addition de l’avidité de la finance. C’est d’autant plus absurde que l’austérité est un médicament aussi injuste qu’inefficace, aussi ridicule que la sangsue que les anciens médecins plaquaient sur les corps des malades pour les soulager de leur sang : les pays qui ont le mieux résisté à la crise sont ceux qui, comme le nôtre, avaient un fort niveau de service publique et de protection sociale à la base. Pourquoi s’en dépouiller quand on voit très bien que d’autres crises nous attendent ? L’austérité ne fera qu’entraîner des risques de récession et une baisse des recettes publiques qui ne réduira donc en rien les déficits des états.

Sachez d’ailleurs que du côté des sociétés du CAC40, la crise est bien terminée ! En 2010, leurs groupes ont fait 3 milliards d’euros de profit, à moitié distribués en dividende. Pendant ce temps, les rares avancées des féministes, pour parler plus particulièrement des femmes, n’ont cessé de reculer non seulement sur le terrain économique, mais aussi par rapport aux violences faites aux femmes et au droit à disposer de son corps, il suffit de voir les fermetures massives des centres d’IVG et la menace qui plane sur les subventions des planning familiaux. Ne l’oublions pas, l’une des premières conditions de l’émancipation des femmes est qu’elles puissent choisir leur maternité, qu’elles ne soient plus soumise à la fatalité des grossesses non désirés… nous voilà donc rendues bien des décennies en arrière !

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PRÉCARITÉ : Les femmes dans la galère, les femmes dans la misère !

Le sujet de la précarité et des inégalités salariales est un fil rouge très précieux pour comprendre la place des femmes sur le marché du travail, mais aussi la manière dont elles sont perçues dans chaque société. Il dévoile à la fois les logiques sociales qui traversent – dans le sens premier – leur autonomie, et tout ce qui touche aux représentations culturelles, aux pratiques sociales et aux rapports de sexe dans les sphères publique et familiale.

Celles et ceux qui ont fait ces analyses ont trop longtemps séparé les problématiques du marché du travail et celles des inégalités, détail qu’ils ont tendance à considérer comme un phénomène un peu parallèle, une sorte de retard à rattraper qui n’a en soi rien de significatif, alors que c’est un des gros boulons du système comme j’essaierai d’en faire la démonstration ici. Aborder la question de l’emploi des femmes, c’est faire de l’égalité professionnelle un enjeu certes économique et social, mais surtout politique et idéologique, tant la capacité réelle et symbolique des femmes à avoir accès à l’emploi – et les conditions dans lesquelles elles peuvent l’exercer – révèlent leur place dans chaque culture et à chaque époque.

Ce n’est qu’en 1965 que les femmes ont eu le droit de travailler sans l’autorisation de leurs maris en France (Dessin : Fatima-Ezzahra BENOMAR)

L’histoire nous rappelle constamment que les femmes ont toujours travaillé, toujours et partout. Il n’empêche qu’on a assisté ces cinq dernières décennies à une féminisation du « Salariat » et à une croissance spectaculaire de l’activité féminine. Celle-ci n’a cessé de progresser depuis lors, et ni la pénurie d’emploi, ni la baisse de la croissance, ni la montée d’un chômage massif n’a pu l’arrêter. Au début des années 60, il y avait 13,2 millions d’hommes actifs contre 6,6 millions de femmes. Aujourd’hui, on a 14,7 millions d’hommes et 13,4 millions de femmes… C’est dire combien la croissance des pays européens s’est énormément construite grâce à l’entrée des femmes dans le monde du travail.

Et pourtant, cette parité ne rime pas du tout avec égalité. Le paradoxe est sans doute le mot clé de cette conjoncture. Il y a plus de femmes actives, salariées, instruites, mais aussi plus de chômeuses, de précaires et de salariées en sous-emploi. De même, comme je l’ai rappelé dans mon article consacré à la précarité des jeunes filles, elles ont beau représenter 59% des bachelier-e-s  et des étudiantes à l’université, elles sont moins bien payées que les hommes, ont des carrières professionnelles plus stagnantes, connaissent un sur-chômage et un sous-emploi continuels, sans oublier le phénomène le plus fâcheux pour elle, la ségrégation des emplois. Les millions de femmes qui ont grossi les chiffres du salariat ont plutôt eu tendance à rejoindre des secteurs déjà féminisés, et sont restés concentrés dans un petit nombre de métiers traditionnellement féminins.

On a toujours un peu l’impression que les choses s’arrangent d’elles-même avec le temps, et qu’il y a une pente naturelle vers l’égalité, or nous connaissons bien au contraire une aggravation de cette concentration des emplois féminins. En 1983, les 6 catégories socioprofessionnelles les plus féminisées rassemblaient 52% des femmes, or on atteint 61% en 2002. Si certaines ont pu accéder à des professions qualifiées, le plus gros des troupes n’a écopé que de métiers peu valorisés et bien moins rémunérés, concentrés dans les secteurs du tertiaire, ce qu’on peut appeler Le salariat d’exécution précaire.

(Réalisation / Montage : Fatima-Ezzahra BENOMAR)

Pour ce qui est des écarts de salaire entre les femmes et les hommes, le principe d’Égalité est bien évidemment inscrit dans toutes les législations en Europe… mais il n’existe nulle part ! Il n’y a ni travail ni salaire égal dans aucune société dite égalitaire, et les femmes restent significativement bien moins payées que les hommes.

Nous avons plusieurs façons de chiffrer les inégalités salariales :

  • Toute chose égale par ailleurs  - comme disent les économistes – si on prend deux cas jumeaux, c’est-à-dire une femme et un homme qui ont le même âge, ont fait les mêmes études, travaillent dans la même entreprise et sont sur le même poste de travail, il faut compter en moyenne un écart de salaire de 10%, ce que ces mêmes économistes appellent le résidu, la boite noire de la discrimination pure et dure.
  • Si on regarde maintenant les salaires horaires, ce qui écarte tout ce qui est prime ou treizième mois, le chiffre est de 13%.
  • Si on ne compte pas le temps partiel pour ne calculer que les écarts de salaire entre les personnes qui travaillent à temps complet, et là je prend en compte les salaires annuels, l’écart gonfle à 19%.
  • Enfin, si on calcule l’ensemble de ces écarts, on peut dire qu’en France, aujourd’hui, tout temps de travail confondu, en comparant le salaire moyen des femmes et le salaire moyen des hommes, l’écart s’élève à 27%.


Bien entendu, on ne peut raisonnablement pas se contenter du premier chiffre puisque, justement, tout est « inégal » par ailleurs, ou plutôt rien n’est égal par ailleurs. « À travail égal salaire égal » est inopérant dans une société où le travail égal n’existe pas. Les 10% permettent certes d’analyser les effets de la discrimination directe et gratuite, mais les autres chiffres donnent des clés fondamentales pour appréhender le phénomène le plus dangereux, celui de la ségrégation. Pour finir sur une image rigolote par rapport aux inégalités salariales (façon de parler), c’est un peu comme si à partir de 15h, une femme travaillait gratuitement dans une entreprise par rapport à son collègue masculin.

Aujourd’hui, la majorité des femmes doivent en plus cumuler activité professionnelle et travail ménager, même si je vais commencer cette analyse depuis un angle positif. Au début des années 60, le taux d’activité des femmes en âge d’avoir et d’élever des enfants (c’est-à-dire entre 25 et 49 ans) était de 40%. Il est aujourd’hui de plus de 80%, et c’est plutôt une bonne chose, car c’est une transformation radicale du rapport des femmes à l’agencement de la vie familiale et professionnelle. Aujourd’hui, on peut dire que les femmes ne s’arrêtent plus de travailler lorsqu’elles ont des enfants, ce qui constitue une grosse rupture culturelle par rapport aux normes sociales antérieures. Il est aujourd’hui considéré comme étant normal pour une mère de famille de travailler, alors qu’il était il y a quelques décennie normal qu’elle s’arrête à la naissance du premier enfant.

Je rajoute enfin un paragraphe sur le temps partiel car c’est l’un des grands drames des femmes salariées en France. Le développement du temps partiel a lourdement pesé sur le maintien et même le renforcement des écarts de salaire entre les femmes et les hommes. Partout en Europe, le temps partiel est largement l’apanage des femmes, et cela ne varie pas dans le temps. Il y a dix ans, il y a vingt ans, il y a trente ans, il y a cinquante ans, partout où il existe, il a toujours été féminin. Ce qui le rend difficile à analyser, c’est qu’il recouvre des réalités sociales très diverses. S’il s’agit pour certaines d’une décision individuelle de réduction du temps de travail, pour d’autres, de plus en plus nombreuses aujourd’hui, on est obligés de remarquer que des secteurs entiers de l’économie multiplient les offres d’emploi à temps partiels et les imposent aux postulantes. C’est la forme la plus marquée du sous-emploi féminin en Europe. Près de 83% des concernés sont des femmes.

Contrairement à une idée reçue, il ne concerne pas forcément les femmes en âge d’avoir et d’élever des enfants. Dans l’Europe des 15, c’est parmi les femmes de plus de 50 ans que les pourcentages sont les plus élevés, et c’est dans la tranche des 25 et 49 que le taux d’emploi à temps partiel et le plus bas en France. Les postes sont pour l’essentiel peu qualifiés et concentrés dans quelques activités comme le commerce, le nettoyage, la grande distribution ou l’hôtellerie. Les horaires de travail y sont particulièrement difficiles, les salaires désespérément bas, avec au menu travail de week-end, en soirée, horaires très éclatées obligeant des femmes à travailler deux heures le matin, trois heures l’après-midi, et donc à errer entre-temps dans la villes. Ces horaires changent d’un jour sur l’autre ou d’une semaine sur l’autre. C’est l’une des dérégulations les plus fortes qui soient du marché du travail ! Quand on ne sait pas combien de temps et combien d’heures on va travailler au début du mois, à quelle heure on commence et à quelle heure on finit, et surtout ce qu’on va gagner à la fin du mois, je ne vous dis pas l’angoisse !

 

 

 

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RETRAITES : l’addition est salée

Ce qui est pratique avec le mouvement des retraites de 2010, c’est que je m’échine beaucoup moins à convaincre mon entourage de l’existence des inégalités sociales entre les femmes et les hommes. Avant, quand je parlais des écarts de salaire de 27% et des 80% de travailleurs pauvres qui sont des femmes, on hochait la tête, levait le menton, esquissait des sourires incrédules, et était à deux doigts de rétorquer "Non mais tu parles de la France ou du Maroc, là ?"

Et puis, il y a eu le mouvement contre la réforme des retraites ! Les organisations féministes ont bataillé pour faire entendre leur voix, et celle-ci a été entendue ! Pas un meeting national sans que la problématique des inégalités sociales de genre ne soit évoquée, d’abord par les féministes, puis par les représentant-e-s des partis, des syndicats ou d’autres associations qui prenaient la parole à nos côtés. En même temps, l’écart entre les pensions des femmes et des hommes est tellement caricatural (près de 40% !!) qu’il pouvait difficilement passer inaperçu ! Les médias se sont emparés du chiffre, même le gouvernement a dû s’exprimer là-dessus – en mentant comme un arracheur de dent, bien sûr – et en arguant que la réforme allait faire reculer ces inégalités.

Depuis, beaucoup de gens ont compris qu’au même titre que l’âge, la nationalité, la couleur de la peau, le niveau de formation ou l’origine sociale, le genre est un déterminant fondamental de la pauvreté en France. Quand 83% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, qu’elles travaillent dans des secteurs économiques moins rémunérateurs et qu’elles galèrent comme jamais pour grimper dans la hiérarchie des entreprises, il ne faut pas non plus écarquiller les yeux une fois qu’on solde les comptes en fin de carrière pour calculer les montants des pensions.

(Réalisation / Montage : Fatima-Ezzahra BENOMAR)

Les chiffres à avoir dans un coin de la tête :

  • Salaires : Les femmes gagnent en moyenne 27% de moins que les hommes.
  • Précarité : 80% des salarié-e-s payé-e-s en dessous du SMIC sont des femmes.
  • Plafond de verre : Les femmes n’occupent qu’un quart des postes d’encadrement des entreprises du secteur privé, alors qu’elles représentent près de 46% de la population active. Elles ne constituent que 7% des cadres dirigeants des 5000 premières entreprises françaises.
    Il y a environ 10 ans de décalage avec les hommes par rapport à l’ascension dans la hiérarchie d’une entreprise.
  • Temps-partiel : Dans un contexte de crise économique, le recours au temps partiel a été fortement encouragé par l’état. Dans des secteurs comme le commerce, le nettoyage ou les services à la personne, il constitue une forme permanente de gestion de la main d’œuvre.
    30% des femmes travaillent à temps partiel, contre 5,7% des hommes.

Du fait de toutes ces inégalités accumulées, et sans parler des fameux 38% d’écarts de pension :

  •  Plus de la moitié des retraitées touchent une pension inférieure à 900 euros.
  • Une femme sur trois part à la retraite à 65 ans, contre un homme sur vingt, pour ne pas subir de décote.
  • Parmi les retraités actuels du régime général, 39% des femmes ont validé une carrière complète, contre 85% des hommes.

(Réalisation / Montage : Fatima-Ezzahra BENOMAR)

Pour revenir au mouvement contre la réforme des retraites de 2010, le gouvernement avait allié passage en force et mensonges pour nous imposer une réforme qu’on était pourtant de plus en plus nombreuses et nombreux à désavouer. Comme quoi, ce n’était pas un problème de démographie (mot clé de la propagande gouvernementale), mais un évident problème de démocratie qui s’était posé et se pose encore dans le pays… Mensonges sur l’identité politique de cette réforme qu’on nous a présenté comme un moyen de sauver le système par répartition + Mensonges quand il a prétendu qu’il n’y avait pas d’autres moyens de sauver le système par répartition que de faire reculer l’âge légal de départ à la retraite, et d’allonger les durées de cotisation + Mensonges quand il nous a dit que ça se passait comme ça partout en Europe, et qu’il n’y avait pas moyen que ça se passe autrement !

Mais parmi tous ces mensonges, il y en avait un qu’il fallait particulièrement oser : C’est que la reforme des retraites allait améliorer la situation des femmes. Je ne sais pas où ce gouvernement a appris à compter, mais je vous propose de faire ensemble une petite équation des plus simples : A + B + C spécial : "La réforme des retraites va améliorer le sort des femmes".

  • Nous avons en A : Les précédentes réformes de 1993 et de 2003, qui ont allongé la durée de cotisation, ont par là même aggravé les inégalités entre les femmes et les hommes puisqu’après chacune d’elles, les pensions des hommes ont été de 1,49 puis de 1,54 fois supérieures à celles des femmes. Face à ce constat, qu’a fait le gouvernement pour rattraper ces inégalités aggravées ?  Le retour aux 37,5 annuités ? Pas du tout ! Il a préconisé d’allonger encore la durée de cotisation !
  • Petit B : Aujourd’hui, une femme sur 3 part à la retraite à 65 ans, contre un homme sur 20. C’est-à-dire qu’il y a près de 7 fois plus de femmes que d’hommes qui attendent d’avoir atteint l’âge de 65 ans pour partir à la retraite ; je dis bien « attendent » puisque l’écrasante majorité d’entre elles ne vont même pas pouvoir travailler pendant ces 5 ans et vont juste poireauter dans la précarité et le chômage afin de ne pas subir de décotes. Qu’a fait le gouvernement pour combattre cet écueil ? 60 ans pour toutes et tous ? Eh non, il décide de reculer de deux ans encore l’âge légal de départ à la retraite ! … On est donc prévenu-e-s, ce sont évidemment les femmes qui vont encore une fois grossir les chiffres de celles et ceux qui doivent attendre 67 ans pour partir à la retraite.
  • Enfin, petit C : histoire de rendre hommage à une mesure révolutionnaire qui devait renverser cette situation catastrophique : Le gouvernement a proposé de prendre en compte les semaines de congés maternité dans le calcul des pensions. Vous savez combien de semaines une femme est sensée travailler dans sa vie ? 2080 au total ! Et comme elles ont en moyenne deux enfants, à raison de 16 semaines par enfant, on va au final prendre en compte 32 malheureuses semaines sur plus de 2000 semaines d’activité, ce qui va en gros augmenter les pensions des femmes de 1,6%.

En faisant nos petits comptes, on peut dire que l’addition est salée ! Ces femmes, qui se retrouvent en fin de vie professionnelle à toucher près de la moitié de la pension de leur voisin, alors qu’elles ont été comme eux à la même école laïque et républicaine, et qu’elles ont travaillé dans cette même république qui porte le mot « égalité » au milieu de son fronton, sont en bout de course réduites à subir la dépendance financière qui entraine la dépendance tout court.

(Dessin : Fatima-Ezzahra BENOMAR)

Face à cette précarisation aggravée, ce ne sont pas seulement nos concitoyennes mais toute la société qui en pâtit. Quand plus de la moitié de la population enchaine les contrats précaires et les salaires de misère, c’est l’ensemble des salarié-e-s qui sont tiré-e-s vers le bas. Quand des millions de femmes hésitent à sacrifier une partie de leurs maigres revenus pour répondre au RDV de la mobilisation sociale – bien qu’elles aient été nombreuses à avoir eu le courage de le faire pendant le mouvement – c’est toute notre capacité de résistance qui s’en trouve affaiblie.

Enfin, quand le patronnât et ses représentant-e-s - qui pourtant ont une féministe à leur tête, c’est Parisot qui le dit <– IRONIE – IRONIE – quand le patronnât, au mois de mai incitait Sarkozy à passer à la retraite à 63 ans et demi, à quoi il a rétorqué qu’il ne ferait jamais une telle chose puisqu’il n’avait pas de mandat pour le faire ; quand Woerth empile mensonge sur mensonge en prétendant que les 38% de différence des pensions ont pour seule cause les inégalités salariales, parce qu’il n’est absolument pas disposé à affronter toutes les autres causes dont l’absence d’une réelle politique de sanction des entreprises qui perpétuent ces inégalités, ce n’est pas ça qui fera bientôt reculer les inégalités entre les femmes et les hommes !

Pour ce qui est des retraites, ce qui fera reculer les inégalités entre les femmes et les hommes, c’est la retraite par répartition, à taux plein, au moins égale au SMIC, la suppression du système de décote, et le rétablissement des cotisations patronales qui sont aujourd’hui exonérées.

Comme je l’ai dit en introduction, je ne suis pas sûre que nos concitoyennes et concitoyens étaient vraiment au courant de la gravité de ces inégalités il y a quelques mois, et je pense que la mobilisation sociale doit se féliciter d’avoir mis en avant cette question dans les médias et dans les meetings que nous avons organisé. C’est pourquoi je ne peux qu’inciter toute personne engagée dans les milieux associatifs, syndicaux ou partisans à prononcer, à porter le mot Féminisme, le mot d’un combat digne, difficile et courageux, qui a longtemps enduré le dénigrement et la moquerie, mais qui commence à recouvrir sa respectabilité.

Rappelons à ce gouvernement si peu fier de nos acquis sociaux qu’en 2010, nous aurions préféré fêter plus dignement les 40 ans du Mouvement de Libération des Femmes !

 

 

 

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JEUNES : Les précariettes

Il y a quelques temps au PG, nous avons fait l’heureuse invention du mot Précariat. Je vais pour ma part dédier cette note à la situation des jeunes femmes précairEs, car si le précariat frappe cruellement les jeunes en général, il fait encore moins bon être jeune ET femme aujourd’hui !

Comme toujours, la flèche empoisonnée du sexisme traverse les nombreuses sphères de la vie des jeunes femmes, pour diverses raisons que je vais essayer de retranscrire ici. Je m’en excuse par avance, cet article aura des dehors un peu scolaires puisque je vais l’organiser en deux gros chapitres :

GRAND UN  : Le social !

Petit un : Niveau de qualification :

Je commence par le plus enrageant dans l’affaire, attendu que les femmes ont le vain privilège de rentrer avantagées dans le monde du travail, plus qualifiées et mieux diplômées que les hommes. Ça ne les empêchera pas de gagner bien moins que leurs homologues !

Depuis 25 ans, les femmes ont profondément creusé l’écart en matière de niveau de qualification. En 2007 , 76% des filles arrivaient au bac contre 64% de garçons. 74% de filles l’ont obtienu contre 57% de garçons. 50,2% arrivaient à bac+2 ou plus contre 37% de garçons. Enfin, 32% des filles obtenaient une licence contre 21% de garçons. Autres chiffres glanés en 2008, nous avions 51 % des filles et 37 % des garçons diplômé-e-s de l’enseignement supérieur, et parmi celles et ceux qui entrent dans la vie active sans diplôme, nous comptions 19 % des garçons et 12% de filles. Voilà une belle unanimité !!

Pourtant, je ne suis toujours pas pour le déterminisme biologique ! Je ne vais pas vous dire ici que les cerveaux des filles ne marchent pas pareil, que leurs fluides sont plus doctes, leurs neurones plus collants ou leurs circonvolutions supérieurement esquissées. Si les filles sont plus studieuses dès le primaire, c’est qu’elles endurent une plus forte surveillance de la part de leur famille quant à l’assiduité de leur travail. La réponse est donc tout-à-fait culturelle ! À l’inverse, on pardonnera plus facilement aux garçons leurs faux pas, les mettant sur le compte d’un tempérament plus dissident par essence… "Autant laisser les petits gars faire des bêtises, ça en fera des hommes braves et entêtés plus tard !"

Par contre, au sein du collège, la tendance s’inverse. Une enquête de l’OFCE, menée par la sociologue Marie Duru-Bellat en août 2010, nous rapporte que les enseignant-e-s consacrent moins de temps aux filles (44%) qu’aux garçons (56%), donnant à ces derniers un suivi personnalisé tandis que les filles sont perçues et traitées en tant que groupe. les professeur-e-s interrogé-e-s admettent volontiers être plus attentif-ve-s <— (honnis sois-tu Vaugelas !!) au comportement des garçons pour ne pas se laisser déborder.

Petit deux : À l’université :

Vous l’aurez remarqué – du moins je l’espère – les filières sont on ne peut plus sexuées à la fac ! On retrouve 75,6% de femmes dans les prépas littéraires, quand elles ne sont que 30,4% dans les prépas scientifiques. Seuls 27% des diplômes d’ingénieurs sont attribués à des femmes, soit deux fois moins qu’aux hommes qui farcissent les amphithéâtres des écoles préparatoires. Pourtant, comme énoncé plus haut, les filles ont des parcours bien plus brillants au lycée.

Si les filles sont davantage présentes dans les facs de lettres, et que les garçons se dirigent vers les écoles d’ingénieurs ou les sciences, il est là encore inutile d’aller chercher une explication dans les prédispositions biologiques de nos sujets. Interrogeons plutôt les représentations caricaturales que notre société construit dès le plus jeune âge du Genre, et jetons un œil averti sur les livres pour enfants : Quel est le métier de papa Lapin ? Comment est habillée Maman Lapin ? Que font-ils ? Qui prépare le dîner, qui lit le journal dans son fauteuil ?

Les jouets pour enfants ne sont pas en reste ! Les petites filles y apprennent à imiter maman, à pouponner les faux bébés, à maquiller leurs poupées ou à jouer à la dinette, tandis que les petits garçons sont invités à explorer l’espace et à se lancer dans de bien plus ambitieuses aventures. Enfin – troisième machine à forger les stéréotypes – les émissions télé et radio invitent une écrasante majorité d’hommes sur leurs plateaux dès qu’il s’agit d’un débat dédié à la politique, à l’économie ou à la technologie, tandis que les femmes sont sur-représentées dans les émissions consacrées au social, à la santé ou à la petite enfance.

L‘école a aussi sa part de responsabilité dans cette tendance à conserver les vieux stéréotypes de genre, et oriente spontanément les filles vers les filières littéraires et les garçons vers les mathématiques, à résultats égaux. Il est aussi vrai que les jeunes filles ont tendance à anticiper sur leur futur destin de mère, qu’elles associent – avec lucidité hélas – à un partage inégalitaire des tâches ménagères, et s’engagent dans des carrières moins ambitieuses.

Petit trois : Débuts de carrière :

Pendant les six premières années de leur vie active, les hommes ont des salaires médians supérieurs de 10 % à ceux des femmes. Ces écarts sont plus élevés aux deux extrémités des niveaux de diplôme (c’est-à-dire pour les sans diplôme ou les diplômé-e-s du supérieur long), puisque les hommes non diplômés gagnent 23 % de plus que les femmes, et 21% de plus pour ce qui est des diplômé-e-s du supérieur long.

Une jeune femme sur cinq travaille à temps partiel contre un jeune homme sur quinze. Parmi les jeunes femmes sans diplôme, ou titulaires d’un CAP ou d’un BEP, un tiers travaille à temps partiel. Pour ce qui est des titulairEs de CAP, BEP ou bac, les 13% de filles qui choisissent une spécialité de la production ou des sciences exactes s’insèrent moins bien que les garçons, et 33 % d’entre elles travaillent à temps partiel en début de vie active, contre 6 % des garçons. Tous emplois confondus, les garçons qui ont un CAP ou un BEP gagnent 20 % de plus, et leur salaire reste encore supérieurs de 12 % à temps plein.

Encore un peu de patience, j’ai presque finit d’éplucher l’artichaut des chiffres ! Parmi les titulaires d’un baccalauréat général, les garçons perçoivent des salaires supérieurs de 17 % à ceux des filles dont plus du quart travaille à temps partiel. Les titulaires d’un BTS ou d’un DUT gagnent 16 % de plus. Enfin, à l’issue des masters et des thèses, les hommes touchent des salaires supérieurs de 16 %.

GRAND DEUX  : Sexisme et rapport au corps

Petit Un : Dans l’université et à l’école :

Les établissements d’enseignement supérieur sont, à l’image de la société, le théâtre de violences sexistes quotidiennes, banalisées et souvent ignorées. Selon les enquêtes de la LMDE, près de 5% des étudiantes ont subi un viol, et un quart ont été victimes d’insultes à caractère sexiste. Phénomène un peu plus visible, mais pas plus décrié, vous avez sans doute remarqué les magnifiques affiches que les BDE punaisent dans les campus pour attirer les étudiant-e-s dans leurs soirées. Beaucoup n’ont aucun scrupule à montrer une image absolument dégradante de la femme (/objet), avec des caricatures de « salope » et de « docile », pour dire les choses comme elles sont.

Enfin, comme nous pouvons le remarquer dans les réunions associatives, syndicales ou politiques, les femmes prennent peu souvent la parole en publique. Les rares qui osent le faire ont la fâcheuse manie de s’excuser sous prétexte qu’elles risquent de répéter ce qu’a si bien dit auparavant lE voisin. Eh bien c’est déjà le cas dans les amphithéâtres des universités. Derechef, les femmes ne sont pas naturellement plus timides ou moins intéressantes que leurs congénères, mais subissent un gros complexe de légitimité quant à la place qu’elles sont sensées occuper dans l’espace publique. Leur rareté dans le paysage politique et dans les médias n’aident pas à les libérer de ce blocage !

Petite parenthèse pour clore le chapitre. Notons qu’un garçon de 8 ans sur deux a déjà vu un film pornographique, et que les jeunes ne sont évidemment pas insensibles à la représentation de la femme dans la publicité et dans les magasines pornographiques dont est placardé notre espace publique.

Petit deux : Prostitution estudiantine :

Ça va être court, aucun rapport officiel n’a été fait sur le sujet. J’ai pu relever qu’en février 2008, Sud étudiant a avancé le chiffre de 40 000 étudiantes qui se prostituent par an pour financer leurs études. Aucune enquête nationale n’a confirmé ce chiffre. Fruit du buzz, le débat publique s’était à l’époque emparé de la question, et plusieurs magasines ont affirmé être tombé via des annonces internet sur des hommes qui profitaient de la crise du logement pour en proposer à des étudiantes contre des services sexuels.

Petits trois : Banlieues et milieux ruraux :

Dans les quartiers populaires et les zones rurales, la sexualité des filles souffre encore d’une grosse surveillance de la part de leurs proches et des garçons en général. Elles sont  classées en deux catégories de réputation directement liées à leur sexualité, « pute » ou « fille bien ». Dans ce genre d’environnement où tout le monde connaît tout le monde, les filles sont étiquetées dès l’adolescence, tandis que les garçons ont plutôt tendance à adopter un comportement de dominant vis-à-vis d’elles. Cela passe par une surveillance dans l’espace publique à la limite du harcèlement, un racolage systématique, des insultes, des menaces et parfois le passage à l’acte et la violence. Selon quelques sociologues, on doit ce réflexe à leur besoin de compenser le manque d’atouts valorisants traditionnels, c’est-à-dire l’argent et les diplômes. Le culte de la virilité vient donc au secours d’un égo fragilisé, avec au menu Autorité, Brutalité et Tendance à intimider (pour ne pas dire épouvanter) les filles qui ont l’audace de leur passer sous le nez.

Être en couple stable permet à ces jeunes filles de revendiquer une sexualité épanouie, qu’elles peuvent difficilement assumer hors contexte de relation sérieuse. Leur libido ne se justifie que par les sentiments amoureux qu’elles éprouvent pour leurs partenaires. Il en cuit souvent pour celles qui affirment aimer "ça" ! Elles n’iront pas se plaindre si tous les garçons des environs viennent leur faire des propositions, et s’offusquer violemment si elles refusent de leur accorder le rapport sexuel qu’elles prétendent apprécier en soi. Une fois qu’elles attestent aimer l’amour physique, on a rapidement tendance à les confondre avec un service publique sexuel qui n’a plus le droit de discriminer les jeunes hommes en manque. Pour prendre des distances avec une sexualité si décriée, nous voyons que les jeunes filles optent souvent pour l’une ou l’autre solution : En passer par une grande sobriété vestimentaire et de comportement, ou bien jouer les « garçons manquées ». Hélas, il s’agit avec ces deux feuilles de vigne soit d’associer leur féminité à la pudeur, soit de la nier carrément.

Si ces comportements caricaturaux peuvent découler d’une appartenance culturelle ou religieuse, surtout parce que les plus jeunes sont encore plus sensibles à l’image qu’on leur renvoie d’eux-mêmes et de leur prétendu communauté, ce comportement a tendance à s’estomper dès que ces mêmes personnes investissent les grandes villes. Les filles profitent alors de la facilité de mobilité, grâce aux transports en commun, et d’un anonymat recouvré pour assumer leur féminité.

Petit dernier : Droit à l’avortement :

Le droit à l’IVG est gravement remis en cause par les politiques de démantèlement de l’hôpital public qu’a orchestré la loi HPST. D‘après une enquête de la LMDE, 6.2 % des étudiantes ont déjà eu recours à une IVG, et parmi elles, 27% déclarent avoir eu des difficultés à la faire pratiquer, que ce soit pour trouver des structures ou pour obtenir un rendez-vous. Il est donc nécessaire de massifier l’information à destination des lycéen-ne-s et des étudiant-e-s et de leur donner des cours d’éducation à la sexualité dignes de ce nom durant toute leur scolarité.

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